Le couple d'artistes arrêté en Chine pour avoir rendu hommage au prix Nobel de la paix va rentrer en France

L\'artiste chinois Hu Jiamin à Shenzhen (Chine), le 22 décembre, devant l\'oeuvre qui rend hommage au prix Nobel de la paix Lui Xiaobo.
L'artiste chinois Hu Jiamin à Shenzhen (Chine), le 22 décembre, devant l'oeuvre qui rend hommage au prix Nobel de la paix Lui Xiaobo. (HANDOUT / HANDOUT)

Avec son épouse de nationalité française, Hu Jiamin n'avait plus donné de nouvelles depuis plusieurs jours, après avoir peint une fresque en hommage au prix Nobel de la paix Liu Xiaobo. Un homme honni par le régime chinois.

Ils avaient osé rendre hommage au prix Nobel de la paix. Le jeune couple d'artistes qui était injoignable en Chine après avoir peint une œuvre "politiquement sensible" a été "relâché" et s'apprête à regagner la France, a-t-il fait savoir lundi 25 décembre sur Twitter. "J'ai été relâché il y a quelques jours et nous sommes maintenant dans ma ville natale", écrit le peintre Hu Jiamin sur le réseau social.

Avec son épouse de nationalité française, Marine Brossard, Hu Jiamin n'avait plus donné de nouvelles depuis le 15 décembre. Il était alors en train de peindre une fresque en hommage à Liu Xiaobo, le prix Nobel de la paix et dissident chinois décédé en juillet après huit ans de détention pour avoir réclamé des réformes démocratiques dans son pays.

Un retour prévu le 30 décembre

Un quotidien de Hong Kong, le Ming Pao, avait affirmé que le couple, domicilié à Lyon, avait été interpellé et que l'œuvre avait été recouverte par les autorités. Tout ce qui se rattache à Liu Xiaobo reste tabou en Chine. Dans son message écrit en anglais, Hu Jiamin ne précise pas les raisons de sa détention mais indique qu'il prévoit de rentrer en France le 30 décembre.

Il ajoute que le couple a dû changer son billet de retour "pour éviter d'entrer à Hong Kong, afin d'éviter d'avoir encore des ennuis". Le frère de Marine Brossard, Maël, avait auparavant indiqué à l'AFP que son beau-frère avait été relâché jeudi et que sa sœur n'avait pas été placée en détention.

Les deux jeunes gens s'étaient rendus à Shenzhen, dans le sud de la Chine, pour participer à une exposition d'urbanisme et d'architecture. Ils étaient parvenus à exposer une fresque montrant une chaise vide devant des barreaux. Cette image évoquait la mémoire de Liu Xiaobo : dans l'impossibilité de se rendre en Norvège pour recevoir son prix Nobel en 2010, le dissident chinois avait été représenté à la cérémonie par une chaise vide.

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