Malgré l'opposition dans la rue, Hong Kong maintient son projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine

Plusieurs centaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues, dimanche 10 juin, pour protester contre un projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine.
Plusieurs centaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues, dimanche 10 juin, pour protester contre un projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine. (CHAN LONG HEI / SOPA IMAGES / SIPA)

Une manifestation monstre a réuni dimanche plusieurs centaines de milliers de personnes contre ce texte.

La rue ne fait pas plier les autorités de Hong Kong. Le gouvernement pro-Pékin de l'ex-colonie britannique a annoncé, lundi 10 juin, qu'il ne comptait pas retirer le projet de loi qui permettra les extraditions vers la Chine. "C'est une loi très importante qui va permettre de faire triompher la justice et assurera que Hong Kong respecte ses obligations internationales en matière de criminalité transfrontalière et transnationale", a déclaré aux journalistes la cheffe de l'exécutif local Carrie Lam.

Les autorités hongkongaises tentent de faire adopter un texte très controversé qui doit permettre les extraditions vers toutes les juridictions avec lesquelles aucun accord bilatéral n'existe, y compris la Chine continentale. Ce projet de loi a suscité une levée de boucliers de toute une partie de la société hongkongaise qui dénonce le caractère opaque et politisé de la justice chinoise.

Une manifestation monstre dimanche

Une impressionnante foule a manifesté dimanche dans les rues de l'ex-colonie britannique en dépit de la moiteur subtropicale étouffante. Les organisateurs ont revendiqué un million de manifestants, la police en a décompté 240 000, ce qui en ferait la deuxième manifestation la plus importante depuis la rétrocession en 1997. Une mobilisation exceptionnelle qui constitue un énorme défi à pour Carrie Lam, qui n'est pas élue mais nommée.

Mais dans sa première prise de parole depuis cette manifestation, la cheffe de l'exécutif a promis que "l'examen en seconde lecture du projet de loi reprendra le 12 juin". Carrie Lam a rejeté les affirmations selon lesquelles elle ne tiendrait pas compte de l'opinion, en soulignant que son gouvernement avait déjà fait de nombreuses concessions pour assurer que les libertés uniques de Hong Kong soient protégées et que le texte soit conforme aux exigences internationales en matière de protection des droits de l'homme.

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