Chine : 95% des internautes "soutiennent l'expulsion" de la journaliste française Ursula Gauthier, selon la presse officielle

La correspondante de \"L\'Obs\", Ursula Gauthier, le 26 décembre 2015, à Pékin (Chine).
La correspondante de "L'Obs", Ursula Gauthier, le 26 décembre 2015, à Pékin (Chine). (GREG BAKER / AFP)

Six ans après son arrivée en Chine, la journaliste de "L'Obs" va être expulsée pour un article sur les troubles dans la région autonome du Xinjiang.

La presse officielle chinoise poursuit sa campagne contre la journaliste française Ursula Gauthier. Le quotidien chinois Global Times a assuré, lundi 28 décembre, en s'appuyant sur son propre sondage en ligne, que "95% des internautes participants soutiennent" l'expulsion de Chine de la correspondante de L'Obs.

"Soutenez-vous ou non l'expulsion de la journaliste française en poste en Chine qui défend publiquement les terroristes ?", demande à ses lecteurs le Global Times sur son site internet. Un média au ton habituellement nationaliste et à la pointe des critiques contre Ursula Gauthier. Selon ce sondage, 202 160 votes sont en faveur de la décision d'expulsion, lundi, soit 94,5% du total.

La plupart des internautes chinois n'ont cependant pas pu lire l'article de la journaliste, qui n'a pas été traduit intégralement en mandarin et qui est désormais inaccessible dans sa version française sur le web en Chine, où les autorités maintiennent une stricte censure des contenus en ligne.

Le premier correspondant à être expulsé depuis 2012

Samedi, le ministère chinois des Affaires étrangères a confirmé l'expulsion imminente d'Ursula Gauthier, en poste à Pékin depuis six ans, l'accusant de "défendre de manière flagrante" des actes terroristes dans un article publié mi-novembre et d'avoir ainsi "provoqué l'indignation du peuple chinois".

Le ministère avait informé Ursula Gauthier vendredi que, faute d'"excuses publiques" de sa part, sa carte de presse ne serait pas renouvelée, ce qui l'empêchera d'obtenir le renouvellement de son visa et l'obligera à quitter le pays au plus tard le 31 décembre. La journaliste avait déjà signifié aux autorités que les excuses réclamées étaient à ses yeux "hors de question" et "impensables". Elle est le premier correspondant étranger en Chine à être expulsé depuis Melissa Chan en 2012. Celle-ci travaillait pour la chaîne Al-Jazeera.