VIDEO. "Leur perte est une menace pour l'humanité" : pourquoi les images de la tribu des Awa au Brésil sont "incroyables"

Les images ont été tournées par une association de vidéastes d'Amazonie et diffusées lundi par l'ONG Survival International.

Un homme torse nu tient une machette à la main. Entre les branches et la végétation, on devine qu'il discute avec quelqu'un. Son visage balaie la forêt et se fixe sur quelque chose. Il a perçu qu'il était observé. Le duo disparaît quelques secondes plus tard. Ces images volées de la tribu Awa en Amazonie, dans l'Etat du Maranhao (nord-est du Brésil) ont été filmées par un membre d'une autre tribu, les Guajajara, qui fait partie du collectif de vidéastes indigènes Midia India. Elles ont été diffusées par l'ONG Survival International, lundi 22 juillet.

"Ce n'est pas facile de diffuser une vidéo sans le consentement de la personne filmée, assure Fiore Longo, chercheuse, anthropologue et directrice de l'association en France, mais on a décidé de le faire parce qu'on estime que c'est une question de vie ou de mort". Interrogée par franceinfo, elle voit dans ces images une découverte "incroyable" et décrypte le comportement de l'individu : "C'est étonnant que l'Awa ne cherche pas le conflit. Il comprend juste qu'il y a quelqu'un et il retourne dans la forêt".

"La forêt, c'est leur supermarché"

Ce comportement sauvage s'explique simplement. Les Awa sont une tribu qui se divise en deux : un groupe d'environ 400 individus, dits "contactés", et un autre, qui en comprend une centaine, dits "non contactés". "Cela veut dire qu'ils n'ont aucun contact pacifique avec la société majoritaire, explique-t-elle. Pour eux, les contacts, ça veut dire la fin du peuple". "Peut-être que dans leur imaginaire collectif, les contacts avec la société majoritaire apportent souvent des génocides", suggère-t-elle.

Les Awa vivent dans les régions du monde les plus riches en ressources. Planent donc sur eux certaines menaces, comme les chercheurs d'or ou les constructions d'édifices comme les barrages. Mais la plus grande menace reste la déforestation. "La forêt, c'est leur supermarché car ils y trouvent tout ce dont ils ont besoin", éclaire-t-elle. Ainsi, ils ont développé une connaissance botanique et zoologique "inestimable". "La perte de ces peuples, conclut-elle, est vraiment une menace pour toute l'humanité."

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