La police de Rio a tué un nombre record de personnes en 2019

Des milliers de manifestants protestent dans les rue de Rio de Janeiro, au Brésil, contre la réforme des retraites du gouvernement de Jair Bolsonaro, le 14 juin 2019. 
Des milliers de manifestants protestent dans les rue de Rio de Janeiro, au Brésil, contre la réforme des retraites du gouvernement de Jair Bolsonaro, le 14 juin 2019.  (LUIZ SOUZA / NURPHOTO / AFP)

Ces données correspondent à la première année de mandat du nouveau gouverneur de la ville, élu en grande partie en raison de son alignement sur la politique sécuritaire du président d'extrême droite, Jair Bolsonaro.

La police de Rio de Janeiro a tué 1 810 personnes en 2019, un record, selon des chiffres de l'Institut de sécurité publique du gouvernement de Rio (ISP), publiés mardi 21 janvier. C'est environ cinq morts par jour en moyenne et une augmentation de 18% par rapport à l'année précédente. Ces données montrent par ailleurs que les homicides volontaires (hors violences policières) ont chuté de 19% dans cet Etat, avec 3 995 cas, contre 4 950 en 2018. 

Elles correspondent à la première année de mandat du nouveau gouverneur de Rio, Wilson Witzel, élu en grande partie en raison de son alignement sur la politique sécuritaire du président d'extrême droite, Jair Bolsonaro. Wilson Witzel a notamment préconisé dès son entrée en fonction l'utilisation de snipers pour abattre à distance des suspects munis d'un fusil d'assaut.

"Une politique axée sur la confrontation" 

"Quand on voit que les forces de l'ordre sont responsables de plus d'un tiers des morts violentes, cela montre à quel point notre modèle de sécurité est marqué par la violence policière", explique Silva Ramos, spécialiste du Centre de recherches sur la sécurité et la citoyenneté (Cesec) de l'université Candido Mendes.

"À Rio, les grandes opérations policières sont devenues ces dernières années la principale forme d'intervention des forces de l'ordre. C'est une politique axée sur la confrontation et pas assez sur le renseignement et la planification", déplore-t-elle.

Les chiffres de l'ISP montrent toutefois que le nombre de personnes tuées par la police a baissé progressivement au cours du second semestre (196 en juillet, 173 en août, 154 en septembre, 144 en octobre, 135 en novembre et 124 en décembre).

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