Brésil : sous la menace d'une destitution, Dilma Rousseff dénonce un "coup d'Etat"

La présidente brésilienne Dilma Rousseff, le 22 mars 2016 à Brasilia (Brésil).
La présidente brésilienne Dilma Rousseff, le 22 mars 2016 à Brasilia (Brésil). (ANDRESSA ANHOLETE / AFP)

La présidente brésilienne s'est exprimé depuis le palais présidentiel.

Dilma Rousseff contre-attaque. La présidente brésilienne a dénoncé, mardi 22 mars, avec force une tentative de "coup d'Etat contre la démocratie" de l'opposition à l'Assemblée, qui examine une demande de destitution à son encontre chaque jour plus menaçante.

"J'ai la conscience tranquille de n'avoir commis aucun crime, aucune irrégularité. Je ne renoncerai jamais, je ne démissionnerai jamais", a clamé la dirigeante de gauche lors d'une allocution depuis le palais présidentiel à Brasilia, où elle venait de se réunir avec des juristes partageant son point de vue.

Il n'y a "aucune base juridique", estime Rousseff

Une commission spéciale de 65 députés chargée de rendre un premier avis examine depuis vendredi à marche forcée une demande de destitution de l'opposition contre Dilma Rousseff. L'opposition de droite accuse la présidente d'avoir maquillé les comptes publics de l'Etat en 2014 pour minimiser l'ampleur des déficits publics et favoriser ainsi sa réélection. Elle se serait ainsi rendue coupable d'un "crime de responsabilité" administrative prévu par la Constitution.

Cette demande ne repose sur "aucune base juridique", riposte Dilma Rousseff. "Certains voudraient traiter ce processus comme si nous vivions dans un régime parlementaire où la suspicion suffit pour écarter un gouvernant, a-t-elle déclaré. Mais nous vivons sous un régime présidentiel où la destitution ne peut être votée qu'en cas de responsabilité clairement démontrée."

Un soutien parlementaire de plus en plus réduit

Mais si les maquillages des comptes publics ont bien été dénoncés par le Tribunal des comptes de l'Union (TCU) fédérale du Brésil en 2015, les preuves d'une implication directe de la présidente sont beaucoup moins évidentes. "Je ne vais pas mâcher mes mots, a-t-elle ajouté, ce qui est en train de se passer, c'est un coup d'Etat contre la démocratie." 

Selon le quotidien O'Globo mardi, la gauche au pouvoir a calculé que le nombre de députés fidèles à la présidence serait passé de 240 à 250 il y a une dizaine de jours à un seuil critique d'un "peu plus" de 172 sur un total de 513. Or la présidente aura besoin d'au moins 171 voix (un tiers) contre sa destitution au Congrès des députés pour éviter sa mise en accusation devant le Sénat qui aurait le dernier mot sur sa destitution. Trois millions de Brésiliens ont réclamé le départ de Dilma Rousseff dans les rues.