Brésil : les députés votent en faveur de la destitution de la présidente Dilma Rousseff

Dilma Rousseff, le 15 avril 2016, à Brasilia (Brésil).
Dilma Rousseff, le 15 avril 2016, à Brasilia (Brésil). (UESLEI MARCELINO / REUTERS)

Les députés favorables à un départ de Dilma Rousseff du pouvoir l'ont emporté à une écrasante majorité. 367 députés ont voté pour sa destitution, 137 contre.

C'est le "début de la fin" pour Dilma Rousseff. Au Brésil, les députés ont ouvert, dimanche 17 avril, la voie à une destitution de la présidente de gauche par le Sénat, lors d'un vote historique. Le camp favorable à un départ de Rousseff l'a emporté à une écrasante majorité par 367 voix, 25 de plus que les 342 requises – soit les deux tiers de l'Assemblée – pour autoriser le Sénat à mettre en accusation la présidente. Seuls 137 députés, de gauche et d'extrême gauche pour l'essentiel, ont voté contre la destitution. Sept députés sont abstenus et trois étaient absents.

Empoignades, insultes... Cette session extraordinaire s'est déroulée dans un climat tendu dès son ouverture par le président du Congrès Eduardo Cunha, ennemi juré de la présidente, inculpé pour corruption dans le scandale des détournements de fonds du géant pétrolier étatique Petrobras, et sous les huées des élus de gauche.

Cette session extraordinaire s\'est déroulée dans un lourd climat d\'affrontement entre opposants et partisans à la destitution de Dilma Roussef, dimanche 17 avril 2016. 
Cette session extraordinaire s'est déroulée dans un lourd climat d'affrontement entre opposants et partisans à la destitution de Dilma Roussef, dimanche 17 avril 2016.  (UESLEI MARCELINO / REUTERS)

Accusée de maquillage des comptes publics en 2014, année de sa réélection, et en 2015 pour masquer l'ampleur de la crise économique, Dilma Rousseff nie avoir commis un crime dit "de responsabilité" et dénonce une tentative de "coup d'Etat" institutionnel. Elle avait annoncé qu'elle "lutterait jusqu'à la dernière minute de la seconde mi-temps".

Mais son mandat ne tient désormais plus qu'à un fil : d'ici le 11 mai, il suffira d'un vote à la majorité simple des sénateurs pour qu'elle soit formellement mise en accusation pour "crime de responsabilité" et écartée du pouvoir pendant 180 jours au maximum, en attendant un verdict final.

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