Brésil : la Cour suprême annule un décret de Jair Bolsonaro sur les terres indigènes

Jair Bolsonaro, président brésilien, lors d\'une présentation des données de la déforestation, jeudi 1er août 2019 à Brasilia (Brésil).
Jair Bolsonaro, président brésilien, lors d'une présentation des données de la déforestation, jeudi 1er août 2019 à Brasilia (Brésil). (MATEUS BONOMI / AGIF / AFP)

Le président d'extrême droite souhaitait transférer au ministère de l'Agriculture les compétences foncières jusqu'alors réservées à une fondation protectrice des indigènes pour développer l'agrobusiness.

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Un revers pour Jair Bolsonaro. La Cour suprême brésilienne a bloqué, jeudi 1er août, un décret du président d'extrême droite qui attribuait au ministère de l'Agriculture, défenseur des intérêts de l'industrie agroalimentaire, la gestion foncière des terres indigènes. Jusqu'alors, c'était une fondation protectrice des indigènes qui en avait la charge.

Les dix juges du Tribunal fédéral suprême ont soutenu cette décision, considérant que les parlementaires brésiliens avaient déjà rejeté ce décret. "Pour ce qui fait loi, le dernier mot revient au Congrès", a déclaré le juge Luis Roberto Barroso. Il avait déjà ordonné en juin la suspension provisoire du décret portant sur ce transfert de compétences. Jair Bolsonaro s'est plusieurs fois exprimé pour un nouveau découpage des terres indigènes, plus favorable à l'agrobusiness.

Un climat global hostile aux indigènes

Cette décision survient une semaine après la mort d'un leader indigène dans le nord-est du pays. Une enquête judiciaire est en cours, les membres de la tribu waiapi dénonçant un assassinat. Depuis, cette affaire a pris un tournant international. Parmi les nombreuses réactions, la haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Michelle Bachelet s'est élevée lundi contre "la politique proposée par le gouvernement brésilien" qui pourrait "conduire à des incidents violents, des intimidations et des meurtres". Ces derniers mois, indigènes et organisations de défense des droits humains se plaignent d'une multiplication des conflits dûs à des envahissements de leurs terres.

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