Brésil : Jair Bolsonaro ordonne la commémoration, dans les casernes, du coup d'Etat militaire de 1964

Le président brésilien, Jair Bolsonaro, écoute le général Luiz Eduardo Ramos Baptista Pereira, le 24 novembre 2018 à Rio de Janeiro (Brésil).
Le président brésilien, Jair Bolsonaro, écoute le général Luiz Eduardo Ramos Baptista Pereira, le 24 novembre 2018 à Rio de Janeiro (Brésil). (FERNANDO SOUZA / AFP)

Un porte-parole du nouveau président brésilien a annoncé que l'anniversaire du coup d'Etat du 31 mars sera commémoré par les militaires brésiliens.

Le président du Brésil, Jair Bolsonaro, a ordonné, lundi 25 mars, que soit commémoré le 55e anniversaire du coup d'Etat du 31 mars 1964. Ce putsch avait installé une dictature militaire qui a duré vingt-et-un ans. "Notre président a ordonné au ministère de la Défense d'organiser les commémorations liées au 31 mars 1964", a déclaré à la presse Otávio Régo Barros au palais présidentiel de Planalto. Interrogé sur ce que recouvraient ces célébrations, il a répondu : "Ce que les commandants choisiront dans leurs garnisons, et dans le contexte dans lequel elles doivent être réalisées".

Jair Bolsonaro, ex-capitaine chez les parachutistes et dont le gouvernement comprend huit militaires parmi les 22 ministres, est un admirateur déclaré de la période de la dictature. "Le président ne considère pas le 31 mars 1964 comme un coup d'Etat militaire", a précisé le porte-parole. "Il considère que la société rassemblée, sentant le danger que le pays était en train de vivre", a réussi ce jour-là en unissant "des civils et des militaires, à récupérer le pays et le remettre en marche". Sans cela, "aujourd'hui nous aurions ici un type de gouvernement qui ne serait bon pour personne", a-t-il ajouté.

"L'erreur de la dictature a été de torturer sans tuer"

Jair Bolsonaro ne s'en est jamais caché, et a bâti une partie de sa popularité sur ce goût de l'autorité, multipliant les déclarations polémiques. En juin 2016, il avait affirmé à la radio Jovem Pan : "L'erreur de la dictature a été de torturer sans tuer". Lors de la séance de la Chambre des députés où a été votée en avril 2016 la destitution de la présidente Dilma Rousseff (ex-guérillera torturée par les militaires), Bolsonaro avait dédié son vote au colonel qui était le chef du renseignement sous la dictature, accusé d'au moins six assassinats sous la torture. "A la mémoire du colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra, la terreur de Rousseff (...), je vote oui !".

Selon la Commission nationale de la vérité, durant la dictature brésilienne, 434 assassinats ont été commis. Des centaines de détentions arbitraires et des tortures d'opposants ont également eu lieu. A la suite de l'éviction du président Joao Goulart en 1964, cinq généraux se sont succédé jusqu'en 1985 à la tête de la junte, qui a maté le Congrès et l'a réorganisé autour d'un parti officiel (Arena) et d'une opposition contrôlée (MDB). Le régime s'est durci en 1968 avec l'interdiction des manifestations, la censure et le jugement des prisonniers politiques par des tribunaux militaires. A l'époque, des opposants et des artistes ont été arrêtés et beaucoup se sont exilés, comme les musiciens Gilberto Gil et Caetano Veloso.

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