Brésil : Jair Bolsonaro facilite l'accès aux armes pour les "gens bien"

Le président brésilien Jair Bolsonaro signe un décret, le 15 janvier 2019, qui assouplit les règles de la détention d\'armes à feu.
Le président brésilien Jair Bolsonaro signe un décret, le 15 janvier 2019, qui assouplit les règles de la détention d'armes à feu. (EVARISTO SA / AFP)

Le président brésilien a signé un décret, mardi, qui assouplit les règles de détention des armes à feu.

Promesse de campagne tenue. Pour contenter les "gens bien" – selon ses termes –qui l'ont élu, le nouveau chef de l'Etat brésilien Jair Bolsonaro a assoupli les règles concernant la détention d'armes à feu, mardi 15 janvier. "Pour assurer le droit à la légitime défense, moi, en tant que président, je vais utiliser cette arme", a déclaré le président d'extrême droite, en désignant le stylo avec lequel il a signé un des décrets les plus attendus de son début de mandat.

C'est avec une grande satisfaction que j'ai signé ce décret (...) pour que les gens bien puissent, dans un premier temps, être en paix chez eux.le président brésilien Jair Bolsonarodevant la presse

Chaque citoyen pourra détenir jusqu'à quatre armes, et bien plus encore dans le cas des multipropriétaires terriens. Certaines restrictions sont inchangées : il faut toujours être âgé d'au moins 25 ans, avoir un casier judiciaire vierge, une occupation légale et avoir passé une évaluation psychologique et technique.

Une source ministérielle a précisé à l'AFP que ce décret, qui porte exclusivement sur la détention d'armes à domicile, était entré en vigueur dès sa signature. Le président aura en revanche besoin de l'aval du Parlement s'il veut toucher au port d'arme. Il a rappelé qu'il avait fermement l'intention de le faire, avec l'appui de parlementaires du lobby pro-armes présents lors de la signature du décret.

Un taux d'homicides de 30,8 pour 100 000 habitants

Ce décret assouplit le "statut du désarmement" de 2003, qui dressait de nombreuses barrières administratives à la détention d'armes. Le président a expliqué avoir pris cette décision en raison d'un référendum de 2005. Cette année-là, près de 64% des Brésiliens avaient rejeté une loi qui prévoyait, entre autres, l'interdiction totale de la commercialisation d'armes au Brésil. 

Le taux d'homicides au Brésil est de 30,8 pour 100 000 habitants (contre 1 pour 100 000 en France). C'est trois fois plus que le taux de 10 pour 100 000 considéré par l'ONU comme le seuil de violence endémique.

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