BP étudiait mardi une solution pour boucher définitivement le puits responsable de la marée noire

Le premier ministre britannique, David Cameron, avec Barack Obama, à la Maison Blanche, le 20/07/2010
Le premier ministre britannique, David Cameron, avec Barack Obama, à la Maison Blanche, le 20/07/2010 (AFP/Rod Lamkey)

Cette opération baptisée "Static Kill", ressemble fort à celle tentée, sans succès fin mai.D'autre part, la marée noire et ses conséquences étaient au menu mardi des discussions entre le premier minstre britannique et le président américain Barack Obama.

Cette opération baptisée "Static Kill", ressemble fort à celle tentée, sans succès fin mai.

D'autre part, la marée noire et ses conséquences étaient au menu mardi des discussions entre le premier minstre britannique et le président américain Barack Obama.

Concrètement, cette nouvelle solution consiste à injecter une solution faite d'eau et de matières solides à basse pression dans un conduit passant par la valve anti-explosion du puits, puis de le sceller avec du ciment.

BP estime que ses chances de réussite sont, cette fois-ci, plus élevées que lors de l'essai précédent, car le pétrole a cessé de s'écouler.

Une décision sur le lancement de l'opération pourrait être prise d'ici le milieu de la semaine, a indiqué BP, soit bien avant que le premier puits de dérivation -censé arrêter totalement la fuite de pétrole- soit achevé, à la fin du mois.

Rencontre Cameron-Obama: pas de sujet qui fâchent
C'est dans ce climat particulier, que David Cameron effectue sa première visite officielle à Washington alors que l'opinion américaine est majoritairement hostile à BP.

A l'issue d'un tête à tête avec M. Obama, David Cameron a dit qu'il comprenait "complètement la colère qui existe à travers les Etats-Unis" à l'encontre de BP et qu'il était pour lui nécessaire que "BP bouche la fuite, nettoie la zone et paie des indemnisations justes".

Le Premier ministre britannque a toutefois prévenu: "BP est une entreprise importante à la fois pour l'économie britannique et pour l'économie américaine; des milliers d'emplois dépendent de BP des deux côtés de l'Atlantique. C'est donc dans l'intérêt des deux pays que ce groupe reste fort et stable à l'avenir".

Autre sujet délicat entre les deux pays, celui de la libération par la justice écosaisse du Lybien Abdelbaset al-Megrahi, condamné en 2001, à vie pour l'attentat contre un avion au-dessus de Lockerbie.

David Cameron a ordonné mardi une révision des documents britanniques concernant la libération de cet homme mais refuse une enquête sur une éventuelle implication dans le dossier de BP soupçonné d'avoir voulu obtenir des contrats en Libye.

Au cours de la conférence de presse qui a suivie leur rencontre, les deux dirigeants ont réaffirmé "la relation spéciale" qui unit les deux pays.

Barack Obama a aussi insisté sur le fait que la stratégie américaine en Afghanistan était "la bonne" et que la conférence internationale de Kaboul constituait "une avancée majeure" pour le futur du pays, alors que David Cameron a pour sa part affirmé que "de réels progrès" avaient été faits en Afghanistan.

Le géant pétrolier BP a annoncé lundi que cette marée noire lui avait déjà coûté 3,95 milliards de dollars (soit plus de trois milliards d'euros) en frais divers, y compris les dédommagements déjà versés.

Mardi, l'agence de notation Moody's estime que si la marée noire devait s'arrêter à court terme, elle engendrerait au moins 1,2 milliard de dollars de perte d'activité et la disparition de 17.000 emplois dans la région du Golfe d'ici la fin de l'année.

BP veut vendre 10 milliards de dollars d'actifs
Le groupe pétrolier britannique veut vendre 10 milliards de dollars d'actifs afin de pouvoir se doter d'un fonds destiné à couvrir les coûts de la marée noire dans le golfe du Mexique, rapporte vendredi le Financial Times.

Le géant pétrolier britannique BP a conclu mardi un accord avec son concurrent américain Apache pour lui vendre pour 7 milliards de dollars d'actifs, représentant 385 millions de barils équivalent pétrole aux Etats-Unis, au Canada et en Egypte.

La transaction concerne "toutes les activités de production de pétrole et de gaz, les terrains et infrastructures de BP" dans l'ouest du Texas et le Nouveau Mexique (sud des Etats-Unis), ainsi que dans le désert de l'ouest de l'Egypte, a expliqué Apache dans un communiqué.

Au Canada, BP cède ses activités d'exploration-production de gaz naturel dans l'ouest de l'Alberta et la Colombie britannique (ouest).
BP veut également vendre une partie ou la totalité de ses 60% d'actifs de la "Pan American Energy of Argentina", qui s'élève à 9 milliards de dollars, ajoute le FT. Un accord pour l'achat par Royal Dutch Shell d'une participation minoritaire de BP dans le champ pétrolifère Mars dans le golfe du Mexique est également à l'étude, ajoute le quotidien.

Le coût de la marée noire pour le groupe britannique BP s'est élevé jusqu'à présent à près de 4 milliards de dollars et les sommes réclamées en guise de compensation pourraient atteindre dix fois ce chiffre.

Des élus votent un projet de réforme de la gestion de l'énergie
Les élus d'une commission de la Chambre des représentants américaine ont adopté jeudi un projet de loi de réforme de la gestion des ressources énergétiques, répondant à certains dysfonctionnements observés lors de la marée noire du Golfe du Mexique.

Le texte codifie une série de modifications déjà engagées par l'administration Obama. Le texte déposé en septembre 2009 a été remanié après la marée noire. Il s'adresse aussi bien au forage pétrolier et gazier en mer qu'à l'exploitation minière. Le texte comprend aussi des mesures pour renforcer l'éthique chez les inpecteurs chargés de la sécurité des plateforme pétrolières. Au Sénat, une commission a déjà adopté un texte similaire. Parallèlement, un projet de loi visant à renforcer la sécurité des plateformes pétrolières grâce à l'utilisation de nouvelles techniques a été approuvé jeudi par la commission de l'Energie et du commerce de la Chambre des représentants.

Nouveau moratoire

A Washington, le département américain de l'Intérieur a publié lundi un nouveau moratoire sur les forages pétroliers en mer qui restera en vigueur jusqu'au 30 novembre.

Le ministre fédéral ajoute que sa décision se fonde "sur l'évidence chaque jour plus importante de l'incapacité du secteur pétrolier à endiguer une explosion catastrophique, à réagir à une marée noire et à opérer de manière sûre".

A l'inverse d'une précédente mesure de même type qui interdisait les forages au-delà d'une profondeur de 500 pieds (152 mètres), le décret fédéral ne suspend plus les forages en fonction de la profondeur de l'océan mais sur la base des "configurations et technologies de forage".

Ce nouveau décret est la réponse de l'administration fédérale à un jugement rendu en appel sur la légalité du précédent moratoire décidé après la catastrophe de la plate-forme Deepwater Horizon. Un juge fédéral avait estimé que ses dispositions étaient trop vagues et qu'il ne prenait pas en ligne de compte ses conséquences économiques.

Pour les professionnels du pétrole, ce nouveau moratoire est encore pire mettant "immédiatement en grave péril les emplois de dizaines de milliers de salariés.

A la Maison blanche, Robert Gibbs, porte-parole de Barack Obama, a assuré que l'administration américaine avait bon espoir que la nouvelle mouture de son moratoire passerait avec succès un éventuel réexamen par la justice fédérale.

Bilan
Depuis le début de la catastrophe fin avril, entre 2,9 et 4,9 millions de barils de pétrole se sont déversés dans le golfe du Mexique, mettant en péril l'écosystème et les perspectives économiques de la région. Selon l'administration américaine, environ 700 km de côtes sont souillés par le brut dans les cinq Etats riverains du golfe (Texas, Louisiane, Mississippi, Alabama et Floride).