Crise des Rohingyas en Birmanie : Aung San Suu Kyi sort de son silence et parle de "désinformation"

Aung San Suu Kyi répond à des journalistes lors d\'une conférence de presse avec le secrétaire général de l\'ONU, à Naypyidaw (Birmanie), le 30 août 2016.
Aung San Suu Kyi répond à des journalistes lors d'une conférence de presse avec le secrétaire général de l'ONU, à Naypyidaw (Birmanie), le 30 août 2016. (ROMEO GACAD / AFP)

La cheffe de gouvernement et prix Nobel de la paix réagissait notamment à la publication de photos à l'authenticité douteuse publiées fin août par le vice-Premier ministre turc, qui dénonçait un "nettoyage ethnique" de cette minorité musulmane.

Elle s'est exprimée pour la première fois sur ce dossier. La cheffe du gouvernement birman et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a évoqué, mercredi 6 septembre, un "iceberg de désinformation" dans la crise des Rohingyas, cette minorité musulmane persécutée qui vit dans l'ouest de la Birmanie.

Aung San Suu Kyi, qui s'est entretenue par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, se référait à la publication de photos à l'authenticité douteuse publiées fin août par le vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek. Celui-ci dénonçait un "nettoyage ethnique"Il avait retiré les photos, mais l'affaire fait scandale en Birmanie, où la majorité bouddhiste, dont fait partie Aung San Suu Kyi, accuse la communauté internationale, notamment les médias étrangers, d'avoir un parti pris pro-rohingya.

Au moins 400 morts en dix jours

En onze jours, près de 125 000 personnes, pour la plupart des Rohingyas musulmans, ont fui les violences en Birmanie pour se réfugier au Bangladesh voisin, selon les derniers chiffres de l'ONU. Les combats entre rebelles musulmans et forces birmanes ont fait depuis le 25 août au moins 400 morts, pratiquement tous musulmans.

Aung San Suu Kyi a toutefois cherché à répondre "aux inquiétudes" de Recep Tayyip Erdogan. "Nous savons bien mieux que d'autres ce que c'est que d'être privés de droits et de protection démocratique", dans une allusion à ses années de lutte contre la junte militaire et d'assignation à résidence. "Nous ferons en sorte que tous les habitants de notre pays voient leurs droits protégés", s'est-elle engagée.

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