Barack Obama et le Congrès sont parvenus tard dimanche soir à un accord pour relever le plafond de la dette

Le président Barak Obama s\'exprime depuis la Maison Blanche, le 31 juillet 2011.
Le président Barak Obama s'exprime depuis la Maison Blanche, le 31 juillet 2011. (AFP - Jewel Samad)

"Je veux annoncer que les responsables des deux partis dans les deux chambres ont trouvé un accord qui va réduire le déficit et éviter le défaut (de paiement), un défaut qui aurait eu un effet dévastateur sur notre économie", a indiqué le président peu avant 21H00 (02H00 à Paris).L'accord doit encore être adopté par le Congrès avant mardi minuit.

"Je veux annoncer que les responsables des deux partis dans les deux chambres ont trouvé un accord qui va réduire le déficit et éviter le défaut (de paiement), un défaut qui aurait eu un effet dévastateur sur notre économie", a indiqué le président peu avant 21H00 (02H00 à Paris).

L'accord doit encore être adopté par le Congrès avant mardi minuit.

"Nous ne sommes pas au bout de nos peines: j'appelle les élus des deux partis de faire ce qui est juste et d'apporter leur soutien à cet accord", a souligné Barack Obama, à l'issue de 11 heures de négociations marathon.

Détails de l'accord
Selon un responsable américain qui a requis l'anonymat, l'accord prévoit un relèvement du plafond de la dette d'au moins 2.100 milliards de dollars, pour permettre au Trésor de faire des emprunts après le 2 août. Le tout pour tenir jusqu'en 2013, soit après les élections.

Cette mesure sera accompagnée d'une première réduction des dépenses de 1.000 milliards de dollars. Une commission spéciale bipartite du Congrès sera ensuite chargée de trouver -avant Thanksgiving, fin novembre- des baisses de dépenses supplémentaires à hauteur de 1.500 milliards de dollars.

Dans le cas où aucun accord n'interviendrait sur des réductions budgétaires supplémentaires, un mécanisme contraignant se mettrait en place, imposant automatiquement un certain nombre de coupes, y compris pour la défense et le programme de santé Medicare pour les personnes âgées. Un responsable de la Maison blanche a néanmoins indiqué que la Sécurité sociale et Medicare, le programme de santé pour les plus âgés, ne seraient pas touchés par ces coupes automatiques.

Concessions et déclarations des élus démocrates et républicains

Quelques minutes seulement avant la déclaration du président Obama, le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, avait annoncé la nouvelle devant la chambre haute. "Je suis soulagé que les chefs des deux partis se soient rapprochés pour le bien de notre économie afin d'atteindre un accord historique bipartite qui mette fin à cette impasse dangereuse", a-t-il déclaré.

"Nous sommes heureux que les deux partis aient été capables de se rassembler et de produire les grandes lignes d'un plan que nous pourrons recommander dans notre groupe (républicain)", a déclaré de son côté le chef de la minorité républicaine Mitch McConnell.

"Ce n'est pas idéal", a dit le chef des républicains à la Chambre John Boehner, lors d'une conférence téléphonique avec ses membres selon un responsable républicain. "Mais quand on le regarde, on se rend compte que c'est ce sur quoi nous avons travaillé", a-t-il dit.

Les républicains ont obtenu d'importantes baisses des dépenses sans céder sur une hausse des impôts des ménages les plus riches ou la suppression de niches fiscales, comme celle qui profite aux propriétaires d'avions d'affaires, et qui a été dénoncée à de nombreuses reprises par le président lui-même.

Réactions positives des dirigeants étrangers
Les ministres des Finances et du Budget François Baroin et Valérie Pécresse ont salué l'accord intervenu dimanche. "Tout ce qui a été mis en oeuvre depuis quinze jours trois semaines, l'accord de la zone euro sur la question grecque, l'accord de Washington sur la question du relèvement du plafond de la dette américaine vont dans la bonne direction", a déclaré M. Baroin lundi sur France Inter.

"C'est une très bonne nouvelle, c'est une très bonne nouvelle pour les économies mondiales, une très bonne nouvelle pour les Etats-Unis mais aussi pour l'Europe", a déclaré de son côté Mme Pécresse sur Europe 1.

Le responsable socialiste Alain Vidalies a jugé qu'il s'agissait d'un "accord d'urgence", un "compromis assez boiteux" qui ne "marquait pas l'idée d'un projet de société bien établi pour" ce pays.

Le gouvernement allemand s'est lui aussi déclaré lundi "satisfait" qu'un accord ait été trouvé aux Etats-Unis sur un nouveau plafond de la dette, sans commenter sur le fond les décisions prises.

Les marchés soulagés
La Bourse de Tokyo a grimpé de 1,84% à la mi-séance lundi après l'annonce de l'accord et le dollar reprenait également du terrain. Les marchés américains étaient en nette
hausse dimanche soir, dans les échanges électroniques de la fin du week-end.

Selon les chiffres publiés vers 02H10 (Paris) lundi, 21H10 aux Etats-Unis, par
la chaîne de télévision CNBC sur son site internet, l'indice Dow Jones gagnait 1,51%, à 12.271 points. Le Nasdaq prenait 1,45%, à 2.393 points et l'indice élargi S&P augmentait de 1,57% à 1.309 points.

Vers 07H00 (Paris), l'euro repartait à la baisse face au dollar lundi sur les marchés asiatiques. Il s'affichait à 1,4385 dollar contre 1,4395 vendredi soir.

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