Combats en Birmanie : au moins 18 500 Rohingyas réfugiés au Bangladesh

Des Rohingyas partent se réfugier non loin de la frontière entre Birmanie et Bangladesh, le 28 août 2017.
Des Rohingyas partent se réfugier non loin de la frontière entre Birmanie et Bangladesh, le 28 août 2017. (MOHAMMAD PONIR HOSSAIN / REUTERS)

Ils ont fui les combats entre armée birmane et rebelles musulmans. 

Un véritable exode. Au moins 18 500 Rohingyas de Birmanie ont traversé la frontière vers le Bangladesh voisin depuis le début des combats entre l'armée birmane et des rebelles musulmans rohingyas, a annoncé mercredi 30 août l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Ces affrontements, qui ont commencé le 25 août dans l'Etat d'Arakan, ont fait au moins 110 morts depuis. Malgré des décennies de restrictions et de persécutions en Birmanie, où leur communauté est marginalisée et considérée comme étrangère, les Rohingyas n'avaient, jusqu'à peu, jamais recouru à la lutte armée.

Une minorité persécutée

Mais la donne a drastiquement changé en octobre dernier, lorsqu'un groupe de rebelles rohingyas jusqu'ici inconnu a lancé des attaques surprises contre des postes-frontières. L'armée birmane a violemment réagi et engagé une campagne de répression qui, selon l'ONU, pourrait s'assimiler à un "nettoyage ethnique", voire "très probablement" à des crimes contre l'humanité, ce que dément la cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi.

Considérés comme des étrangers au sein de la Birmanie, à plus de 90% bouddhiste, les Rohingyas sont apatrides même si certains vivent dans ce pays depuis des générations. Ils n'ont pas accès au marché du travail, aux écoles,ni aux hôpitaux, et la montée du nationalisme bouddhiste ces dernières années a attisé l'hostilité à leur encontre, avec des affrontements meurtriers.

"Nous savons aussi qu'il y a des gens coincés à la frontière, mais nous ne savons pas combien", a souligné le porte-parole de l'OIM, insistant sur la difficulté à travailler dans la région. Une partie des réfugiés se sont vu refuser l'accès au Bangladesh ces derniers jours.