Bakir Izetbegovic arrive en tête des suffrages comme représentant musulman à la présidence collégiale de Bosnie

Bakir Izetbegovic
Bakir Izetbegovic (AFP/ELVIS BARUKCIC)

Bakir Izetbegovic, 54 ans, fils d'Alija Izetbegovic, candidat musulman modéré à la présidence collégiale et partisan du dialogue avec les Serbes de Bosnie, devance Haris Silajdzic, aux vues plus intransigeantes, selon les premiers résultats partiels.

Bakir Izetbegovic, 54 ans, fils d'Alija Izetbegovic, candidat musulman modéré à la présidence collégiale et partisan du dialogue avec les Serbes de Bosnie, devance Haris Silajdzic, aux vues plus intransigeantes, selon les premiers résultats partiels.

Quelque 3,1 millions d'électeurs votaient pour désigner notamment les trois membres (un Croate, un Serbe, un Musulman) de la présidence collégiale centrale du pays, ainsi que les députés du Parlement central bosnien.

Les trois titulaires sortants de la présidence, Zeljko Komsic (croate), Haris Silajdzic (musulman) et Nebojsa Radmanovic (serbe) se représentaient. "Nous venons de mettre en l'air quatre années", a déploré Zeljko Komsic devant la presse, faisant allusion à l'absence de réformes substantielles dans le pays depuis les dernières élections générales en 2006.

Un pays bloqué
La Bosnie paraît comme bloquée, n'ayant pas progressé de façon notable depuis 2006 dans sa préparation à l'Union européenne, en raison des clivages considérables existant entre les communautés de Bosnie. Les Serbes de Bosnie veulent préserver l'autonomie de leur entité, la Republika Srpska (RS), alors que les Musulmans, mais aussi la communauté internationale et en particulier l'Union européenne, veulent renforcer l'Etat central bosnien pour faciliter les réformes et la préparation à l'UE.

A Banja Luka, la capitale de la RS, Milorad Dodik, homme fort et Premier ministre de l'entité des Serbes de Bosnie, a rappelé la possibilité d'une sécession de la Republika Srpska de la Bosnie, si l'on menaçait son autonomie. "S'il n'y a pas de compromis (après les élections), l'option d'une séparation pacifique demeure. Nous pouvons vivre côte à côte", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse locale Srna. De nombreux électeurs de Sarajevo ont exprimé entre-temps leur lassitude devant les querelles entre représentants politiques des différentes communautés, pour la plupart au pouvoir depuis 1995.

Les Bosniens élisaient également les parlements des deux entités qui composent la Bosnie-Herzégovine, la Republika Srpska et la Fédération croato-musulmane. Les deux entités sont reliées par de faibles institutions centrales.

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