Attentat à Istanbul : ce que l'on sait de l'enquête

(A Istanbul, la place Sultanahmet quasiment vide et sous surveillance policière après l'attentat à l'aéroport © Radio France / Gilles Gallinaro)

Si Daech n’a pas revendiqué le triple attentat de mardi à l'aéroport d'Istanbul, il en porte la marque d’après le gouvernement turc, qui a porté le bilan de l'attaque à 44 morts et plus de 200 blessés.

On en sait un peu plus ce vendredi sur l’identité des kamikazes, auteurs du triple attentat de mardi à l'aéroport d'Istanbul qui a fait 44 morts, selon un bilan provisoire. Depuis jeudi, une vingtaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête.

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La police turque a confirmé que les trois kamikazes étaient tous originaires d’Asie centrale. L'un détenait un passeport russe, l'autre ouzbek et le dernier kirghize. Les enquêteurs soupçonnent leur appartenance à une cellule djihadiste caucasienne très organisée, à l'image de celle qui a frappé Paris et Bruxelles.

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Selon des médias turcs, les djihadistes seraient arrivés il y a un mois en Turquie, autour du 25 mai dernier, avant de séjourner dans le quartier d'Aksaray, en plein cœur d'Istanbul.

Le quartier d'Aksaray est surnommé 'le quartier des passeurs', c'est dans ce secteur que transitent des réfugiés syriens avant de partir vers l'Europe. C’est un quartier que connaît bien Jean François Pérouse, le directeur de l’Institut français d'études anatoliennes : "C'est là où on peut se procurer des faux papiers très facilement" dit-il.

Depuis le quartier d'Aksaray, les kamikazes auraient pris le taxi direction l'aéroport mardi soir. Avec cette attaque la plus meurtrière à Istanbul depuis un an, Veci Cuzdan, journaliste du site indépendant turc Sendika.org estime que la Turquie paie son revirement après une longue période de complaisance à l’égard de Daech : "L’Etat islamique est dans une impasse en Syrie et avec le parti au pouvoir en Turquie. Et plus il est déstabilisé, plus il essaye d’atteindre l’Etat turc en son cœur. L’objectif de Daech, c’est de le faire payer au peuple turc".

Une vingtaine de personnes ont été arrêtées jeudi, dont treize à Istanbul. Les autorités veulent faire vite alors que les critiques se multiplient dans la presse turque sur les failles de sécurité du service de renseignement. 

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