Thaïlande : la Première ministre destituée par la Cour constitutionnelle

La Première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, le 6 mai 2014 à Bangkok.
La Première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, le 6 mai 2014 à Bangkok. (PORNCHAI KITTIWONGSAKUL / AFP)

Yingluck Shinawatra a été reconnue coupable d'abus de pouvoir pour s'être débarrassée d'un haut fonctionnaire de manière inappropriée.

La Première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, a été destituée, mercredi 7 mai, par la Cour constitutionnelle. "Yingluck ne peut plus rester à son poste de Premier ministre", a déclaré un juge lors de la lecture de la décision retransmise à la télévision. Elle a été immédiatement remplacée par le ministre du Commerce.

Yingluck Shinawatra, confrontée à des mois de manifestations, a été reconnue coupable d'abus de pouvoir pour s'être débarrassée d'un haut fonctionnaire de manière inappropriée. "Je nie les accusations. Je n'ai violé aucune loi", avait déclaré Yingluck devant la Cour, clamant son innocence. Plusieurs ministres de son gouvernement sont également concernés par cette décision de la Cour.

Les Chemises rouges de retour dans la rue ?

L'affaire concerne Thawil Pliensri, démis de son poste de patron du Conseil de sécurité nationale après l'arrivée au pouvoir de Yingluck en 2011 et qui a réintégré depuis ses fonctions sur ordre du tribunal administratif. Un groupe de sénateurs, assurant que le limogeage de ce fonctionnaire avait été fait au bénéfice du parti Puea Thai, le parti du clan Shinawatra, avait alors déposé un recours devant la Cour constitutionnelle.

Evitant finalement un vide politique qu'avait fait craindre la décision de la Cour, les ministres restant en poste ont immédiatement annoncé la nomination d'un Premier ministre intérimaire, le vice-Premier ministre et ministre du Commerce, Niwattumrong Boonsongpaisan.

Le mouvement des Chemises rouges, qui soutient Yingluck et son frère Thaksin Shinawatra, ancien Premier ministre en exil renversé par un coup d'Etat en 2006, a de son côté promis de redescendre dans la rue en cas de nouveau "coup d'Etat judiciaire", faisant craindre de nouvelles violences.

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