Le sort de Serge Atlaoui s’invite dans le voyage de François Hollande en Indonésie

Serge Atlaoui, le 11 mars 2015. 
Serge Atlaoui, le 11 mars 2015.  (JEFRI TARIGAN / ANADOLU AGENCY)

L’ultime grand voyage international du président de la République, en Indonésie, devrait voir s’inviter le sort du Français Serge Atlaoui, condamné à la peine de mort pour trafic de drogue et emprisonné dans les geôles indonésiennes depuis 2005.

François Hollande terminera ce mercredi 29 mars sa tournée en Asie du sud-est par l’Indonésie, le plus grand pays musulman du monde. C'est l’ultime grand voyage international du président de la République. Le dernier président français à s'être rendu en Indonésie est… François Mitterrand en 1986. Une trentaine de contrats devraient être signés dans les domaines de la défense, dans le domaine maritime (l’Indonésie comprend 17 000 îles !) et le développement urbain durable. Il devrait être aussi question, mais discrètement, du sort du Français Serge Atlaoui, condamné pour trafic de drogue à la peine de mort et en prison depuis 2005. 

Fabrique d'acrylique ou de drogue ?

Le Français a toujours clamé son innocence. Soudeur, il pensait travailler, a-t-il dit, dans une fabrique d’acrylique. Il s’agissait, en fait, d’une usine de fabrication de drogue. Condamné comme les huit autres membres du réseau, Serge Atlaoui est soutenu par la France, qui tente d’éviter une exécution.

>> A lire aussi : Trois questions pour comprendre l'affaire Serge Atlaoui

Le dossier sera bien évoqué, confirme-t-on de source française, mais aucune déclaration officielle ne sera faite pour ne pas compromettre les discussions.

Un possible moratoire sur la peine de mort

L’affaire Atlaoui est relancée depuis mardi 28 mars, à la faveur d’une interview du président indonésien, Joko Widodo, qui s’est dit ouvert à un moratoire sur la peine de mort si la population y était  favorable. Le président a cependant cité un sondage réalisé en 2015, dans lequel 85% des personnes interrogées se déclaraient favorables à la peine capitale pour les condamnés à mort pour trafic de drogue, soulignant que l'approbation du Parlement était nécessaire pour une abolition.

Depuis l’arrivée au pouvoir en 2014 de Joko Widodo, dix-huit condamnés à mort, en majorité des étrangers, ont été exécutés pour trafic de drogue. La législation anti-drogue indonésienne est l’une des plus sévères au monde. Serge Atlaoui est emprisonné dans le pays depuis douze ans.

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