Nouveau scandale en Chine après l'accident en Ferrari du fils d'un dirigeant

Ling Jihua a, semble-t-il, été écarté des instances dirigeantes du Parti communiste chinois après l\'accident de Ferrari de son fils.
Ling Jihua a, semble-t-il, été écarté des instances dirigeantes du Parti communiste chinois après l'accident de Ferrari de son fils. (LANDOV / MAXPPP)

Pendant plusieurs mois, le Parti communiste a tenté d'étouffer l'affaire, qui implique deux jeunes femmes retrouvées dévêtues.

ASIE-PACIFIQUE - La direction du Parti communiste semble à peine s'extirper de l'embarrassante affaire Bo Xilai qu'un nouveau scandale vient l'ébranler. Au cœur de l'affaire Bo Xilai, du nom d'un puissant dirigeant de Chongqing, se trouvait l'assassinat par sa femme, Gu Kailai, d'un Britannique. Cette fois, c'est la mort en mars 2012 du fils d'un haut dirigeant au volant d'une Ferrari qui fait vaciller le parti.

Après des mois de spéculations sur internet quant à l'identité exacte de la victime, tant bien que mal étouffée par la censure, tout s'est accéléré les samedi 1er et dimanche 2 septembre. La mutation surprise de Ling Jihua, un proche du président Hu Jintao, a alors été annoncée. Ling était chef de la Direction générale du Comité central du Parti. Mais il a été nommé à la fonction beaucoup moins stratégique de chef du Département du Front uni du travail, un service chargé des relations avec les minorités ethniques.

L'agence d'Etat Chine nouvelle a rapporté succintement sa nouvelle affectation, qui a tout d'une mise à l'écart, sans en donner la raison. Mais le South China Morning Post, quotidien réputé de Hong Kong, a affirmé lundi, en citant des sources anonymes, que Ling Jihua devait son changement de poste au fait qu'il était le père de l'inconnu mort au volant de la Ferrari.

Dans la Ferrari : deux femmes dévêtues

Le 18 mars 2012, à l'aube, le quatrième périphérique de Pékin a été le théâtre d'un terrible accident impliquant une Ferrari noire. Le véhicule a heurté à grande vitesse un mur de béton. Du luxueux bolide quasiment désintégré sous le choc avaient été extraits le corps sans vie d'un homme âgé d'environ 20 ans, ainsi que ceux de deux jeunes femmes, grièvement blessées. L'une était nue, l'autre à demi dévêtue. Le jeune homme n'était également qu'à moitié habillé.

Des photos de la carcasse en partie calcinée de la Ferrari ont commencé à circuler sur internet, accompagnées de rumeurs persistantes selon lesquelles la principale victime de la collision était le fils d'un haut dirigeant du régime.

Les autorités interdisent la recherche "Ferrari noire"

Même si les autorités communistes n'ont jamais admis que le jeune homme était bien Ling Gu, fils de Ling Jihua, l'affaire a été jugée suffisamment sensible pour générer une vaste censure. Ainsi, sur internet, les autorités sont allées jusqu'à bloquer l'expression "Ferrari noire" sur les moteurs de recherche.

L'affaire tombe particulièrement mal à quelques semaines du XVIIIe congrès du Parti, une grand-messe qui verra, en octobre, l'arrivée décennale d'une nouvelle génération de dirigeants. L'accident de la Ferrari vient conforter des centaines de millions de Chinois dans leur conviction que la nomenklatura du régime bénéficie d'une vie dorée et de nombreux privilèges, dans un climat d'impunité.

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