Mort inquiétante de milliers d'antilopes saïgas au Kazakhstan

Près de 120.000 antilopes saïgas sont mortes en moins d\'un mois au Kazakhstan
Près de 120.000 antilopes saïgas sont mortes en moins d'un mois au Kazakhstan (ANATOLY USTINENKO / AFP)

Depuis un mois, des dizaines de milliers d'antilopes saïgas sont mortes de causes encore indéterminées au Kazakhstan. Une hécatombe qui pose la question de l'avenir grandement compromis de cette espèce rare.

Plus de 120.000 décès d'antilopes saïgas ont été recensés depuis mi-mai 2015 dans le centre du Kazakhstan. Ce qui représente plus du tiers de la population globale de cette espèce. Un phénomène catastrophique pour cette espèce rare en voie d'extinction.
 
Selon l'antenne russe de WWF, une première découverte de 117 cadavres a été faite le 10 mai 2015. Le 21 mai, il y avait déjà 28.000 décès recensés dans trois régions différentes du pays.
 
Le mystère demeure encore quant à l'origine de ces décès massifs, même si les premières analyses révèlent une «combinaison de facteurs biologiques et écologiques». Des experts de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) affirment qu'une maladie infectieuse causée par des bactéries de type Pasteurella ou Clostridium aurait entrainé la mort des antilopes. Or, ces «bactéries sont mortelles uniquement pour un animal dont le système immunitaire est déjà affaibli» par des facteurs écologiques comme les pluies abondantes survenues en mai au Kazakhstan, qui auraient pu influer sur la qualité de l'herbe, précisent-ils.

L'un des experts évoque également «un taux d’humidité exceptionnel (qui) aura probablement réduit leurs défenses immunitaires», alors que ces animaux ne sont dotés que d'une très faible résistance avec une espérance de vie de six à dix ans.
 
Une espèce en voie d'extinction  
 Les antilopes saïgas sont les seules antilopes eurasiatiques et ne vivent que dans les steppes sèches et les déserts semi-arides d'Asie centrale. Elles sont reconnaissables grâce à leur grosse tête dotée d'un leur museau long et arqué en forme de trompe.
 
Le Kazakhstan, où ces antilopes sont présentes depuis l'ère glaciaire, abrite près de 90 % de la population mondiale de saïgas, soit près de 300.000 bêtes. Il mène une politique volontariste pour protéger l'espèce.
 
L'union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) a classé les saïgas en «danger critique d'extinction» en 2002. Leur effectif s'est peu à peu réduit dans les années 1990 à cause du braconnage et de la destruction de leur habitat naturel.
 
La chasse aux saïgas est interdite au Kazakhstan jusqu'en 2021. Ces mammifères sont prisés pour leur viande et les cornes des mâles utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise, qui leur attribue les mêmes vertus supposées aphrodisiaques que la corne de rhinocéros.
 
Les spécialistes estiment qu'il faudra au moins dix ans pour que le cheptel se reconstitue. Les antilopes femelles donnent la plupart du temps naissance à deux petits par portée mais l'essentiel des naissances ont lieu au mois de mai. Des naissances compromises par la maladie cette année. 
Vous êtes à nouveau en ligne