Le graffiti d'un touriste chinois à Louxor provoque une polémique

Les Chinois se sont offusqués de ce geste commis en Egypte par un adolescent, issu d'une famille aisée.

En commettant sa bêtise, le jeune Ding Jinhao ne s'attendait sans doute pas à déclencher une polémique d'une telle ampleur. Cet adolescent chinois a en effet relancé un vif débat dans son pays sur les mauvaises manières des jeunes nouveaux riches et des touristes à l'étranger, après avoir dessiné un graffiti sur un célèbre monument de l'Egypte ancienne. La photo de l'inscription laissée à Louxor par le "vandale" âgé de 15 ans a été republiée près de 100 000 fois sur internet, et plusieurs journaux d'Etat évoquent cette polémique en première page, lundi 27 mai.

Lors d'un voyage en Egypte – un luxe que seuls les Chinois aisés peuvent s'offrir –, le garçon a dégradé un temple de l'ancienne cité pharaonique de Louxor, en y écrivant "Ding Jinhao a visité cet endroit". Le graffiti a été commis sur le ventre d'un bas-relief représentant le dieu Amon, dans le "saint des saints" du temple d'Amenhotep III, sanctuaire restauré et décoré par Alexandre le Grand. Le cliché du sacrilège a été mis en ligne par un autre touriste chinois sur son compte Weibo – l'équivalent de Twitter en Chine – qui a confié sa "honte" et sa "tristesse".

La famille de l'adolescent traquée sur internet

De quoi déclencher une traque menée par les internautes – une pratique controversée mais pas rare en Chine – pour retrouver la famille de l'adolescent. Identifiés, les parents de l'enfant ont présenté, dimanche, des excuses publiques dans un quotidien. L'affaire est devenue l'une des plus commentées sur les réseaux sociaux.

Pour Renaud de Spens, sinologue et expert de l'Egypte, cette controverse illustre le "regard des Chinois sur eux-mêmes". La nomenklatura du régime communiste est accusée de bénéficier d'une vie dorée et de nombreux privilèges. Certains ont rapproché cette affaire du cas du fils d'un général de l'armée qui avait agressé un couple, alors qu'il roulait à Pékin dans un coupé BMW à l'âge de 15 ans. Ou bien encore celui du fils d'un haut responsable policier qui, en état d'ébriété, avait écrasé deux étudiantes en 2010.

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