La fin du conflit au Sri Lanka

(Radio France © France Info)

Sur un site proche de la guérilla, les séparatistes tamouls annoncent qu’ils rendent les armes. Le président sri lankais devrait officiellement proclamer la défaite de l’insurrection dans la journée. Ce serait la fin de 25 ans de guerre civile.

"Cette bataille est arrivée à son terme cruel. (…) Nous n'avons pas d'autre choix que de faire taire les armes, afin que l'ennemi n'ait plus d'excuses pour continuer à tuer les nôtres". C’est en substance le communiqué diffusé par le porte-parole de l'insurrection séparatiste sur le site internet TamilNet, réputé proche de la guérilla.

Les séparatistes tamouls, encerclés par l'armée sri lankaise sur une enclave de quelques kilomètres carrés dans le nord-est de l’île annoncent donc qu’ils cessent le combat contre l'armée gouvernementale.

Cette reddition mettrait donc un terme à 25 ans de guerre civile. A l’origine de ce conflit, la volonté d’indépendance de la minorité tamoule, qui n’a cessé depuis les années 70 de réclamer l’instauration d’un Etat séparé dans le nord et l’est du pays. Un combat qui a débouché sur une guerre civile à partir de 1983 entre Tamouls et Cinghalais, majoritaires à 74%. Le conflit a fait au moins 70.000 morts.

Samedi, le président sri-lankais Mahinda Rajapaksa a proclamé la victoire des forces gouvernementales sur la rébellion tamoule.
En visite officielle en Jordanie, il est rentré ce dimanche matin dans son pays. Il devrait prononcer une allocution télévisée ce soir ou lundi pour annoncer officiellement la défaite de
l'insurrection tamoule.

Une "Journée de la libération" sera alors proclamée et célébrée ensuite chaque année.

Reste la question des populations civiles, déplacées ou bloquées dans la zone des combats. Ce dimanche, l’armée sri lankaise a assuré avoir évacués les derniers civils utilisés comme bouclier humain par les séparatistes tamouls, soit plus de 50 000 personnes. Depuis fin avril, 115 000 habitants tamouls auraient fuit les lieux.

La Croix Rouge, qui est la seule à avoir accès à la zone des combats, s'est dite impuissante face à "une catastrophe
humanitaire inimaginable".

Edwige Coupez, avec agences

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