L'ONU place la Polynésie française sur la liste des territoires à décoloniser

L\'rchipel des Tuamotu (Polynésie française), vu du ciel.
L'rchipel des Tuamotu (Polynésie française), vu du ciel. (BRUNO BARBIER / ONLY FRANCE / AFP)

L'Assemblée générale des Nations unies invite le gouvernement français à "faciliter et accélérer la mise en place d’un processus équitable et effectif d’autodétermination" en Polynésie.

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté, vendredi 17 mai, une résolution plaçant la Polynésie française sur la liste des territoires à décoloniser. Paris, qui n'a pas pris part au vote, conteste cette décision.

La résolution avait été présentée, entre autres, par trois petits Etats du Pacifique : les îles Salomon, Nauru et Tuvalu. Elle été adoptée par consensus.

Qu'a décidé l'ONU ?

La résolution de l'ONU affirme "le droit inaliénable de la population de la Polynésie française à l’autodétermination et à l’indépendance", conformément à la Charte de l’ONU et l'article 73 sur les territoires non autonomes. Elle invite le gouvernement français à "faciliter et accélérer la mise en place d’un processus équitable et effectif d’autodétermination" en Polynésie. A l’heure actuelle, la Polynésie française (274 000 habitants) est une collectivité dotée d’une très large autonomie, mais la France conserve ses compétences régaliennes, telles que la sécurité publique ou les relations internationales.

Quelles en sont les conséquences ?

Cette résolution ouvre en principe la voie à un référendum d’autodétermination. La population pourrait, à terme, se prononcer en faveur de l’indépendance, de la départementalisation ou d’un statut intermédiaire d’autodétermination. Mais en pratique, plusieurs des gouvernements concernés ne respectent pas ces règles –par exemple le Royaume-Uni avec Gibraltar et les Malouines, deux territoires placés également sur la liste des territoires à décoloniser.

Qu'est-ce que la liste des territoires à décoloniser ?

La liste des territoires à décoloniser, dite liste des territoires non-autonomes, a été élaborée en 1946 pour favoriser l'autonomie des anciennes colonies. Elle compte actuellement 16 territoires, dont dix sont sous administration du Royaume-Uni, trois des Etats-Unis, deux (avec la Polynésie française) de la France et un de la Nouvelle-Zélande. Comme le précise Le Mondeelle "est aujourd'hui vivement contestée par plusieurs pays".  On lui  repproche notamment de se focaliser sur les pays occidentaux, en oubliant des pays comme la Chine : certains militent ainsi pour que le Tibet (sous souveraineté chinoise) soit inscrit sur cette liste. Par ailleurs, elle comprend des territoires qui ont explicitement refusé l'indépendance par référendum, comme les îles Tokelau (sous souveraineté néo-zélandaise).

Comment réagit la France ?

La France avait annoncé, dès jeudi, dans une note adressée aux pays membres, qu'elle ne participerait pas au vote. Dans son message, Paris a  fait valoir que lors des élections territoriales du 5 mai, "trois électeurs polynésiens sur quatre se sont déclarés contre ce projet de résolution". Le scrutin a été remporté par le parti Tahoeraa Huiraatira de l'autonomiste Gaston Flosse (45,11% des suffrages), devant l'UPLD de l'indépendantiste Oscar Temaru (29,26%). "La France ne peut donc, d'une quelconque manière que ce soit, endosser cette démarche. Elle demande à tous les Etats membres respectueux de la démocratie d'en faire de même", ajoutait la note. La France s'engageait aussi à "continuer, conjointement avec le gouvernement de Polynésie française, à définir ensemble les contours d'une relation qui reflète les vœux des Polynésiens".

A la suite du vote, plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, les Pays-Bas et les Etats-Unis, se sont démarqués du consensus pour marquer leur désapprobation et ont, eux aussi, rappelé que les indépendantistes polynésiens avaient été battus aux élections.

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