Un responsable de l'ONU accuse la Birmanie de "nettoyage ethnique" contre la minorité rohingya

Des réfugiés de la minorité rohingya dans un camp de réfugiés au Bangladesh, le 24 novembre 2016, après avoir fui la Birmanie.
Des réfugiés de la minorité rohingya dans un camp de réfugiés au Bangladesh, le 24 novembre 2016, après avoir fui la Birmanie. (SAM JAHAN / AFP)

Une opération de l'armée birmane a fait des dizaines de morts et 30 000 déplacés ces dernières semaines.

Viols en réunion, tortures, meurtres et massacres : les Rohingyas, minorité ethnique musulmane ciblée ces dernières semaines par une opération de l'armée birmane, sont victimes d'un "nettoyage ethnique" orchestré par la Birmanie, a accusé un représentant de l'ONU au Bangladesh, vendredi 25 novembre. C'est dans ce pays, voisin de la Birmanie, que se sont réfugiées des milliers de familles fuyant ces persécutions.

30 000 personnes déplacées

Les Rohingyas qui ont franchi la frontière ont fait le récit des violences que leur font subir les soldats birmans dans l'ouest du pays, où vivent des dizaines de milliers de membres de cette minorité. D'après les Nations unies, 30 000 personnes ont été déplacées par ces violences qui ont fait des dizaines de morts, depuis le début de l'opération de l'armée birmane.

Celle-ci répond à une série d'attaques ayant visé des postes de police, début octobre. D'après Human Rights Watch, qui s'appuye sur des images sattelites, plus de 1 000 maisons de Rohingyas ont été incendiées en Etat Rakhine récemment.

Le rôle d'Aung San Suu Kyi questionné

"Je m'interroge sur le professionnalisme et l'éthique du personnel de l'ONU", a répliqué le porte-parole du gouvernement birman. "Il devrait parler en se fondant sur des faits concrets et vérifiés et ne pas porter d'accusations."

La Birmanie avait déjà été accusée de nettoyage ethnique contre les Rohingyas, quand elle était dirigée par une junte militaire. Mais jamais depuis la prise de pouvoir, en mars, de la Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. Elle ne s'est quasiment pas exprimée sur ce sujet. Mais le gouvernement birman n'a pas le pouvoir sur l'armée, qui reste en charge du ministère de l'Intérieur.