Kirghizistan : la crise énergétique fait émerger les énergies renouvelables

Toktogul Dam, un projet hydroélectrique sur la rivière Naryn, au Kirghizistan en février 2008.
Toktogul Dam, un projet hydroélectrique sur la rivière Naryn, au Kirghizistan en février 2008. (Gavin Hellier / Robert Harding Patrimoine / robertharding)

Très dépendant en énergie de l’étranger, le Kirghizistan commence à s’intéresser aux énergies renouvelables. Des expériences se multiplient pour une évolution énergétique en douceur…

Le 24 décembre 2015, le président kirghize Almazbek Atambaïev déclarait que son allié russe, en proie à des difficultés économiques, n'avait plus les moyens de financer deux projets de barrages hydroélectriques dans la république d'Asie centrale.

Le Kirghizistan, très dépendant de ses voisins (Kazakhstan, Russie, Chine) en matière énergétique, doit donc chercher de nouveaux partenaires pour mener à bien les travaux des barrages prévus sur la rivière Naryn, Kambarata-1, d'un coût estimé à 2,28 milliards d'euros, et Cascade à 645 millions d’euros.

Une nouvelle qui ne va pas aider le pays à sortir de son déficit énergétique (électricité, gaz et charbon), dû notamment à ses gisements de combustibles fossiles limités et aux faibles investissements dans l’industrie extractive. Un déficit aggravé par la sécheresse qui a mis à mal son réseau hydroélectrique, comme l’explique novastan.org.

Pour autant, des alternatives se développent à titre expérimental au Kirghizistan, histoire de chercher des solutions sortant des réseaux habituels de distribution d’énergie.

Eolien, solaire, énergie thermique…
Au Kirghizistan, le potentiel de l’énergie éolienne, estimé à 1500 MW, «pourrait couvrir près de 7% des besoins en énergie des communautés rurales qui constituent plus de la moitié de la population totale», explique Global Voices qui détaille un projet innovant alors même qu'il y a peu d'activités de développement éolien dans le pays.

Le site revient également sur une expérimentation solaire dans un lycée du sud du pays, dans le cadre du Programme des Nations Unies pour le développement. Grâce à ses installations, l’établissement scolaire a réduit son taux de consommation d’énergie de façon conséquente. La production annuelle moyenne de l'énergie solaire représente dans le pays 1500-2500 kWh par m² pour 2600 heures d’ensoleillement.

CARTE KIRGHIZISTAN
CARTE KIRGHIZISTAN (AFP/LF)

Autre expérience au Kirghizistan: un chauffage urbain alimenté par de l’énergie solaire. Cette énergie est d’autant plus attractive que son coût de revient serait inférieur à celle d’une installation identique fonctionnant avec des combustibles fossiles (le prix du kWh serait compris entre 0,01 et 0,02 euro). Selon le site Gazette nucléaire, «le système a été testé sur une centrale thermique de chauffage urbain située à Bichkek, capitale du pays, dans un projet de coopération entre l'Allemagne et le Kirghizistan (…). L'objectif des scientifiques étant de créer au Kirghizistan, d'ici la fin de la décennie, la plus grande installation thermique solaire au monde. Elle pourrait atteindre la superficie de dix terrains de football, alors que l'installation de l'île danoise Aero, la plus performante actuellement, représente l'équivalent de quatre terrains de football.»

Biogaz, géothermie
Le pays serait à même de produire 200 millions de m³ de biogaz par an grâce au traitement des déjections animales. En effet, l’élevage occupe plus de 50% des terres agricoles. Actuellement, les installations de production de biogaz produisent quelque 2 millions de m³ pour les secteurs résidentiel et commercial.

Quant aux ressources géothermiques, la République kirghize en compte de nombreuses sources. Global Voices décrit ainsi l’expérience de l’American University d’Asie centrale, dont le campus a ouvert en 2015 et qui est chauffé par ce biais. «L’efficacité du chauffage géothermique et les coûts d’entretien réduits en font un système attrayant d’un point de vue économique. Au fil du temps, l’université devrait voir sa consommation d’énergie réduite de 87%, justifiant ainsi un premier investissement coûteux pour l’acquisition d’une pompe», conclut le site.

Ce petit pays de 7 millions d’habitants peut trouver au travers ces expériences l’espoir de gagner un peu d’autonomie énergétique.
Vous êtes à nouveau en ligne