"Je n'ai jamais perdu espoir" : un pêcheur philippin secouru après avoir dérivé près de deux mois en mer

Le pêcheur philippin Rolando Omongos, 21 ans, à l\'aéroport de Manille (Philippines), mercredi 29 mars 2017.
Le pêcheur philippin Rolando Omongos, 21 ans, à l'aéroport de Manille (Philippines), mercredi 29 mars 2017. (NOEL CELIS / AFP)

Donné pour mort, le jeune homme a dérivé sans nourriture ni eau sur son bateau jusqu'à l'est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, à quelque 3 200 km de son point de départ. Il a été finalement secouru par un autre bateau début mars.

Un jeune pêcheur philippin a pu rentrer à Manille, mercredi 29 mars, après avoir survécu à un calvaire de plus de cinquante jours en mer.  Donné pour mort, le jeune homme a dérivé sur plusieurs milliers de kilomètres, sans nourriture ni eau, sur son petit bateau jusqu'à l'est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, rapporte le site d'informations philippin Inquirer (article en anglais).

Selon le journal papouasien Post Courier (article en anglais), qui cite la police locale, un navire de pêche papouasien a finalement retrouvé, le 9 mars, Rolando Omongos, 21 ans, affaibli et hagard, alors qu'il dérivait, sans nourriture à bord.

Il a survécu grâce à l'eau de pluie et à la mousse

Rolando Omongos a raconté son incroyable aventure à son retour à Manille : "J'ai pleuré sans arrêt quand j'ai enfin été sauvé. J'étais trop faible pour me tenir debout : ils ont dû me porter", a dit ce jeune homme chétif aux reporters.

Il a indiqué avoir survécu grâce à l'eau de pluie qu'il a pu récupérer et à la mousse qui a poussé sur la coque de son minuscule esquif de 2,50 mètres de long. Il s'est protégé du soleil tropical en se plongeant fréquemment dans l'eau.

Son oncle, Reniel Omongos, 31 ans, qui se trouvait sur un deuxième petit bateau, est mort au bout d'un mois. Rolando a placé son corps sur son propre bateau, mais l'a laissé couler quelques jours plus tard "quand il a commencé à sentir mauvais". Il dit avoir alors prié : "Dieu, s'il vous plaît, prenez soin de mon oncle. Je dois rester en vie pour que quelqu'un puisse apporter la nouvelle" à la famille.

Une tempête, puis une panne de carburant

Les deux hommes avaient quitté avec d'autres pêcheurs, la ville de General Santos, sur l'île de Mindanao, dans le sud des Philippines, le 21 décembre. Ce grand port est situé à plus de 3 200 kilomètres au nord-ouest de l'île de Nouvelle-Bretagne, en Papousie-Nouvelle-Guinée, près de laquelle il a finalement été secouru.

Une tempête avait séparé Rolando Omongos et son oncle de leur bateau accompagnateur le 10 janvier, et ils étaient tombés à court de carburant cinq jours plus tard. Ils avaient ensuite jeté leurs moteurs par-dessus bord pour pouvoir mieux flotter et échapper aux grosses vagues, précise The Filipino Times (en anglais).

"Nous voyions passer au moins quatre bateaux par jour, mais aucun ne s'est arrêté", a-t-il raconté."Je n'ai jamais perdu espoir. J'ai toujours prié", a-t-il conclu.Lorsqu'il a été secouru, Rolando Omongos ne pesait plus qu'une vingtaine de kilos. Il a juré de ne plus jamais remettre le pied sur un bateau.