En Inde, une femme violée sur ordre d'un conseil de village

Des jeunes Indiens manifestent contre les violences faites aux femmes, le 6 décembre 2013 à New Delhi. 
Des jeunes Indiens manifestent contre les violences faites aux femmes, le 6 décembre 2013 à New Delhi.  (RAVEENDRAN / AFP)

La jeune fille avait été surprise avec un homme d'une autre communauté. 

En prétendant faire la justice, ils ont commis un crime : en Inde, une femme de 20 ans a été victime d'un viol collectif ordonné par un conseil de village, mardi 21 janvier. Motif de ce verdict : la jeune femme avait été surprise en compagnie d'un homme d'une autre communauté, a raconté la police locale, jeudi 23 janvier.

Treize hommes ont été arrêtés dans le village de Subalpur, dans le Bengale-Occidental (nord-est de l'Inde). Depuis le viol en réunion d'une étudiante en décembre 2012, morte des suites de ses blessures, les nombreux cas de crimes sexuels dans le pays ont mis en lumière l'ampleur des violences faites aux femmes et suscité l'indignation.

Ses parents ne pouvaient pas payer l'amende

La jeune femme, hospitalisée, a confirmé l'agression à des journalistes l'ayant retrouvée : "Ils m'ont violée (…), ils avaient tous l'âge de mon père." Au cours de ce conseil de village, une instance respectée dans les régions rurales du pays et composée des habitants les plus âgés, "la jeune fille et son amoureux ont été attachés à deux arbres différents et condamnés à une amende de 25 000 roupies [300 euros] chacun pour avoir eu une liaison", a indiqué un policier.

"Les parents de la jeune fille étaient aussi présents à cette réunion et ont dit être dans l'incapacité de payer, c'est pourquoi le chef du conseil de village a ordonné en punition qu'elle soit violée par les habitants", a-t-il ajouté. Le jeune homme a quant à lui été libéré après avoir promis de payer l'amende d'ici une semaine.

Les crimes sexuels continuent d'augmenter en Inde

La classe politique indienne a dénoncé cette nouvelle agression, qualifiée "d'inhumaine et de totalement scandaleuse", certains députés demandant la condamnation à mort des violeurs. Plusieurs défenseurs des droits des femmes ont fustigé l'influence de ces conseils de village. "Une telle mentalité n'existe pas seulement dans des contrées rurales reculées, mais également dans le métro de Delhi. Les racines sont ancrées profondément dans notre société et notre caste",  a estimé Kavita Krishnan, secrétaire de l'association All India Progressive Women's Association. 

En dépit d'un durcissement des lois et d'efforts pour modifier les comportements envers les femmes dans une société profondément patriarcale, le nombre de crimes sexuels continue d'augmenter en Inde.

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