Thaïlande : que faisaient les adolescents et leur entraîneur dans la grotte ?

De jour comme de nuit, les sauveteurs tentent de localiser l\'équipe de football. À l\'entrée de la grotte, ils ont installé un véritable campement.
De jour comme de nuit, les sauveteurs tentent de localiser l'équipe de football. À l'entrée de la grotte, ils ont installé un véritable campement. (LILLIAN SUWANRUMPHA / AFP)

Le coach et les trois derniers des 12 enfants rescapés de la grotte de Thaïlande, ont été évacués, mardi. Si les raisons qui ont poussé le groupe à s'aventurer aussi loin restent obscures, la grotte était connue pour sa dangerosité.

Depuis le 23 juin, le monde entier a les yeux braqués sur le destin du groupe de footballeurs des "Sangliers sauvages" et de leur coach, bloqués dans le vaste réseau souterrain de la grotte de Tham Luang (au nord de la Thaïlande), en raison de la mousson. Les enfants, retrouvés le 2 juillet, ont finalement tous été évacués, mardi 10 juillet, après deux semaines passés dans la grotte.

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"Les parents disaient toujours que l'on pouvait aller n'importe où, sauf là", rapporte un habitant de la région auprès de l'AFP. Pourquoi le groupe s'y est-il aventuré, et ce alors même qu'un panneau prévient qu'il est dangereux d'y entrer pendant la saison des pluies, de juillet à novembre ? 

Un homme observe les opérations de secours pour retrouver 13 personnes disparues dans la grotte de Tham Luang en Thaïlande, le 27 juin 2018.
Un homme observe les opérations de secours pour retrouver 13 personnes disparues dans la grotte de Tham Luang en Thaïlande, le 27 juin 2018. (LILLIAN SUWANRUMPHA / AFP)

Selon Nicolas Bertrand, envoyé spécial de France 2 sur place et interrogé par franceinfo, la grotte de Tham Luang est célèbre dans la région. Située à la sortie de la ville, "à 3 ou 4 km de l'école", elle possède l'un des plus grands réseaux souterrains du pays.

"C'est à celui qui va le plus loin"

Malgré les avertissements, ces derniers ne manquent pas d'aller l'explorer. Ainsi, Nicolas Bertrand a recueilli le témoignage d'un jeune garçon, membre de la même équipe de foot que le groupe pris au piège, qui raconte avoir été plusieurs fois dans la grotte. Jusqu'à se faire une belle frayeur. "Une fois, il est resté coincé pendant trente minutes. Il dit qu'à l'intérieur c'est un labyrinthe incroyable, que c'est effrayant, choquant", décrit le journaliste.

Pas de quoi rebuter les jeunes du coin, selon Nicolas Bertrand, qui a interrogé des jeunes membres de l'équipe locale de foot. "Ils nous expliquent que c'est un endroit où tous les enfants de la région vont régulièrement se balader, pour prendre l'air et jouer à se faire peur, rapporte-t-il à franceinfo. Quand ils ont fini les cours, ou quand ils n'ont pas classe, ils vont là-bas." Et tout est matière à défi. 

"C'est un peu à celui qui allait le plus loin dans la grotte, c'est une sorte de challenge entre eux et tous les enfants vont jouer là et autour." Nicolas Bertrand, journaliste à France 2à franceinfo

Une "initiation" ou une volonté de célébrer une victoire ?

Cela pourrait confirmer l'hypothèse émise par un secouriste belge intervenant dans l'évacuation des enfants. Interrogé par la chaîne anglaise Sky News (en anglais), Ben Reymenants affirme que les 12 enfants auraient participé à une "initiation" qui les aurait entraînés aux confins de la grotte, au côté de leur entraîneur. Ce dernier connaissait bien les lieux.

Cette hypothèse n'a pas été confirmée par les autorités thaïlandaises. D'autres informations circulent sur place. Selon Nicolas Bertrand, cette excursion, encadrée par le coach de 25 ans, aurait pu être organisée pour "célébrer une victoire". Là encore, les prochaines conférences du presse des autorités pourraient permettre d'en savoir plus.

"Pas une bêtise"

Quoiqu'il en soit, des témoins insistent sur le caractère "accidentel" de cette excursion. Interrogé par France 2, le directeur de l'école la plus proche a déclaré que "pour lui, il fallait considérer ça comme une catastrophe naturelle, un accident, et pas une bêtise des enfants. Que quand ils allaient revenir, ils allaient reprendre leur vie de manière tout à fait normal, qu'il n'y aurait pas de sanctions contre eux".

Lundi, le gouverneur a d'ailleurs estimé que l'expérience vécue par les 12 adolescents et leur entraîneur devait inciter les habitants de la région à la prudence : "On doit rappeler aux enfants de Thaïlande combien les grottes du pays sont dangereuses... Il ne faut pas que cela se reproduise"

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