Chine, Cambodge, Indonésie... : un homme sur quatre aurait déjà violé une femme

Des Indonésiennes manifestent à Jakarta (Indonésie) en septembre 2011. La jeune femme tient un panneau disant : \"Ne nous dites pas comment nous habiller. Dites-leur de ne pas violer.\"
Des Indonésiennes manifestent à Jakarta (Indonésie) en septembre 2011. La jeune femme tient un panneau disant : "Ne nous dites pas comment nous habiller. Dites-leur de ne pas violer." (ROMEO GACAD / AFP)

Plus de 10 000 hommes ont été interrogés dans six pays d'Asie et du Pacifique. La plupart des violeurs estiment avoir droit à une relation sexuelle, peu importe si leur partenaire y consent.

Un quart des hommes vivant en Asie et dans le Pacifique ont déjà violé une femme. Les Nations unies ont conduit une étude (PDF en anglais) sur 10 000 personnes dans six pays (le Bangladesh, la Chine, le Cambodge, l'Indonésie, le Sri-Lanka et la Papouasie-Nouvelle-Guinée). Les résultats varient de façon importante selon le pays, même si le pourcentage le plus faible, 13% au Bangladesh, est déjà élevé. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, ce sont plus de 60% des hommes qui admettent avoir déjà violé une femme, rapporte la BBC (en anglais).

Le mot "viol" pas utilisé dans les questions

La plupart de ces viols interviennent à l'intérieur du couple, mais plus de 10% des interrogés admettent avoir violé une femme qui n'était pas leur partenaire, précise l'étude publiée sur The Lancet Global Health (en anglais) mardi 10 septembre.

Les questions posées ne mentionnaient jamais le mot "viol", préférant des phrases tournées autrement, telles que : "Avez-vous déjà eu une relation sexuelle avec votre partenaire quand vous saviez qu'elle n'en avait pas envie, mais qu'elle accepterait parce qu'elle est votre femme/petite amie ?". Ou encore : "Avez-vous déjà eu une relation sexuelle avec une femme ou une fille quand elle était trop saoule ou droguée pour dire si elle en avait envie ou non ?"

Les hommes pensaient "y avoir droit"

Près de 75% des hommes ayant commis un viol l'ont fait car ils "pensaient avoir droit à une relation sexuelle", selon l'enquête. Une des auteurs de l'étude explique : "Ils croient qu'ils ont le droit d'avoir une relation sexuelle avec une femme, peu importe si elle y consent ou non." D'autre part, une seconde raison est invoquée par ces hommes, qui considèrent le "viol comme une sorte de divertissement" et se sont comportés ainsi "parce qu'ils s'ennuyaient." Certains utilisaient même cette forme de violence pour punir leur femme ou parce qu'ils étaient en colère. "Etonnamment, l'alcool est la raison la moins souvent invoquée", continue l'auteur. 

Les chercheurs ayant publié l'étude précisent tout de même que ces réponses ne donnent pas une idée précise de l'état des violences sexuelles dans toute l'Asie et le Pacifique.

Vous êtes à nouveau en ligne