Chine : pas de prière du vendredi dans les mosquées du Xinjiang

(Radio France © France Info)

Des milliers d'habitants ouïghours et hans tentaient de fuir Urumqi vendredi, dans la crainte de nouvelles violences dans la capitale du Xinjiang. La plupart des mosquées étaient fermées pour le jour de la prière.

Bien que les autorités aient annoncé mercredi soir que la situation était désormais "sous contrôle", les gares ferroviaires et routières d'Urumqi étaient prises d'assaut par des milliers de personnes cherchant à quitter la ville. Près de 10.000 personnes sont parties chaque jour depuis le début de la semaine de la principale gare des bus, le double du flux normal, a indiqué le responsable de la gare nommé Adili.

Dans un quartier à forte majorité ouïghoure d'Urumqi, de nombreuses mosquées prévoyaient d'annuler les prières du vendredi, indiquaient des écriteaux affichés aux portes ou des hommes se tenant devant les lieux de culte. Sur la porte de la mosquée Guyuan, une affichette datée de mercredi portait l'inscription: "Selon les instructions des autorités, les prières habituelles seront suspendues à partir d'aujourd'hui". "Ceux qui souhaitent prier sont invités à le faire chez eux" , ajoutait le texte.

"On ne peut rien faire (...) le gouvernement a peur que la population utilise la religion pour soutenir les trois forces", dit-il en référence à l'extrémisme, le séparatisme et le terrorisme qui, selon Pékin, menacent l'unité du pays. Le gouvernement a répété jeudi que ces "trois forces" étaient "un fléau pour la Chine et d'autres pays de la région", affirmant avoir des preuves que "les séparatistes en Chine (...) avaient été entraînés à l'étranger, y compris par Al-Qaïda, et ont des contacts avec les forces terroristes à l'étranger".

Les autorités ont accusé le Congrès mondial ouïghour, dirigé par la dissidente en exil Rebiya Kadeer, d'avoir fomenté les violences de dimanche. Le Congrès mondial a estimé à entre 600 et 800 le nombre de morts dimanche dernier. Les plus hauts dirigeants du Parti communiste au pouvoir et de l'Etat, réunis mercredi autour du président Hu Jintao, ont annoncé que les coupables des violences, les plus graves au Xinjiang depuis des décennies, seraient "sévèrement punis".

Les Ouïghours dénoncent des attaques menées contre eux depuis mardi par des membres de l'ethnie majoritaire de Chine, les Han. Ces agressions répondaient à la mort de 156 personnes dans des émeutes déclenchées dimanche par des Ouïghours. Selon ces derniers, les représailles ont causé la mort de plusieurs personnes, mais aucun chiffre n'a été annoncé par les autorités.

Caroline Caldier avec agences

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