Vol MH370 : "On peut espérer trouver d'autres débris au large de La Réunion"

Des gendarmes et des policiers portent le débris d\'avion retrouvé sur le littoral de La Réunion, mercredi 29 juillet. 
Des gendarmes et des policiers portent le débris d'avion retrouvé sur le littoral de La Réunion, mercredi 29 juillet.  (PRISCA BIGOT / ZINFOS 974 / REUTERS)

Le journaliste de France 2 en charge des sujets aéronautiques, Nicolas Chateauneuf, a répondu à vos questions au sujet des débris d'avion retrouvés mercredi à La Réunion.

Le mystère du vol MH370, disparu en mars 2014 dans l'océan Indien, va-t-il bientôt être éclairci ? Selon plusieurs experts, un débris d'avion retrouvé sur une plage de La Réunion, mercredi 29 juillet, pourrait appartenir au Boeing 777 de la Malaysia Airlines, qui devait rallier Kuala Lumpur à Pékin, avant de disparaître des écrans radars. Quelle est la probabilité que ce soit bien le cas ? Comment ce débris va-t-il être analysé ? Spécialiste des sujets aéronautiques à France 2, le journaliste Nicolas Chateauneuf a répondu à vos premières questions sur ce possible rebondissement. 

Sur le premier débris découvert

Comment ce bout d'aile d'avion, relativement petit, a-t-il pu être retrouvé sur une plage de La Réunion ? "Dans les enquêtes aéronautiques, il y a souvent une part de chance, remarque Nicolas Chateauneuf. Il en faut parfois pour retrouver les boîtes noires, par exemple, ou pour récupérer sur une île, qui n'est tout de même pas immense, un débris qui a traversé tout l'océan Indien."

Si ce morceau appartient effectivement au Boeing du vol MH370, il aura en effet parcouru plus de 5 000 kilomètres par rapport à la zone potentielle du crash, à l'ouest de l'Australie. "Les débris flottant à la surface ont pu être charriés par les courants marins, qui traversent l'océan Indien d'est en ouest à cette latitude", explique le spécialiste de France 2. 

Sur les analyses qui vont être effectuées

Dans un premier temps, Boeing ou la Malaysian Airlines devraient confirmer qu'il s'agit bien d'un Boeing 777. "Je pense qu'ils doivent déjà le savoir. Si cette pièce provient bien d'un Boeing 777, il est quasiment certain que nous avons affaire au vol MH370. Je ne connais pas d'autre crash de ce type d'avion dans l'océan Indien."

Pourquoi les débris sont-ils rapatriés en France, alors que l'Australie dirige l'enquête, et que la compagnie est malaisienne ? "Parce que le débris a été trouvé sur le territoire français, et que les enquêteurs compétents sont ceux du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA). Ces derniers vont étudier la pièce en étroite collaboration avec des enquêteurs américains, australiens et malaisiens", détaille Nicolas Chateauneuf. 

Des spécialistes de divers domaines vont alors collaborer pour examiner le débris sous tous les angles possibles. "De l'aéronautique à la balistique, en passant par la résistance des matériaux, la physique des courants marins... On peut même imaginer faire appel à des spécialistes des crustacés, pour déterminer le temps que la pièce a pu passer dans l'eau !" remarque le journaliste.

Sur ce que cela pourrait permettre de savoir

Si ces analyses confirment qu'il s'agit bien du vol MH370, de multiples résultats pourront probablement aider à comprendre ce qui s'est passé le 8 mars 2014. "Dans le cas d'une explosion, on peut trouver des impacts, des trous sur la carlingue ou des traces de brûlures. Lors d'un impact en mer, il peut y avoir des compressions ou des écrasements visibles sur les pièces. Mais l'idéal serait de trouver d'autres pièces pour reconstituer le puzzle", déchiffre Nicolas Chateauneuf. 

Si certains morceaux, flottant à la surface, peuvent avoir suivi l'aile retrouvée jeudi, Nicolas Chateauneuf suppose que la carlingue se trouve au fond de l'océan. "Les débris ne vont donc pas tous réagir de la même manière aux vents et aux courants. Mais, si ce morceau d'aile appartient au vol MH370, on peut espérer trouver d'autres débris au large de La Réunion, ou dans les zones environnantes."