Débris d'avion retrouvé à La Réunion : comment les crustacés pourraient aider les enquêteurs dans leur travail

Le morceau d\'avion trouvé sur le littoral de l\'île de La Réunion, le 30 juillet 2015.
Le morceau d'avion trouvé sur le littoral de l'île de La Réunion, le 30 juillet 2015. (MAXPPP)

Des crustacés accrochés au morceau d'avion retrouvé le 30 juillet pourraient permettre de déterminer s'il s'agit du vol MH370.

Et si le mystère du vol MH370 pouvait être résolu grâce à des crustacés ? Selon plusieurs experts, les cirripèdes accrochés au fragment d'aile retrouvé à La Réunion pourraient permettre de faire la lumière sur le sort de l'avion duquel il s'est détaché. Et peut-être de remonter jusqu'à l'appareil qui effectuait le vol MH370, disparu en mars 2014.

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L'analyse des débris d'avion doit débuter mercredi 5 août dans le laboratoire militaire de Balma, près de Toulouse, mais les crustacés retrouvés sur l'aile d'avion et sur une valise seront, eux, analysés dans un laboratoire parisien. 

Leur âge peut déterminer la durée de séjour du flaperon dans l'eau

D'après les experts, l'âge des cirripèdes, de petits crustacés qui se fixent habituellement sur les rochers, peut déterminer combien de temps la pièce est restée dans l'eau et à quelle température. 

Si les cirripèdes remontent à une date antérieure au 8 mars 2014, "cela montrera qu'il ne s'agit pas d'un débris" du MH370, confie Melanie Bishop, professeure de sciences biologiques à l'université Macquarie de Sydney, à l'AFP.

Leur espèce peut définir la zone du crash

L'espèce exacte des crustacés pourrait apporter des informations sur le lieu de l'accident. Si ce sont des Lepas australis, "nous pourrons dire avec certitude que l'accident s'est produit dans les eaux froides du sud-ouest de l'Australie", explique le géologue Hans-Georg Herbig à l'AFP. Le Lepas australis vit en effet exclusivement dans l'hémisphère sud mais pas dans les régions tropicales, explique Science Daily (en anglais)"S'il s'agit de cirripèdes d'eaux froides, cela pourrait être le signe que l'avion est tombé plus au sud [que les enquêteurs] ne le pensent. S'il n'y a que des cirripèdes tropicaux, cela pourrait vouloir dire qu'il s'est abîmé plus au nord", ajoute Shane Ahyong, spécialiste des crustacés à l'Australian Museum.

Les espèces de cirripèdes présentes sur le morceau d'avion, qui semble relativement propre, pourront aussi aider les enquêteurs à établir par où celui-ci est passé et quelle a été sa trajectoire. Cependant, certains types de cirripèdes sont répandus géographiquement, et leur étude ne peut donner d'éléments de réponse absolus. Il faut prendre cette analyse comme un ensemble d'indices parmi d'autres pour tenter d'expliquer ce qui est arrivé à l'appareil. 

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