Birmanie: la tuberculose résistante aux antibiotiques gagne du terrain

L\'hôpital général de Rangoun, en Birmanie, le 8 avril 2016.
L'hôpital général de Rangoun, en Birmanie, le 8 avril 2016. (Aung Naing Soe / AGENCE ANADOLU)

En Birmanie, un couple atteint d'une tuberculose a tenté de se suicider avec toute sa famille par désespoir en cette fin janvier 2017. Ils souffrent d'une forme de la maladie résistante aux antibiotiques et sont trop pauvres pour accéder aux soins. Cette tuberculose pour laquelle les traitements habituels ne fonctionne pas sévit dans 105 pays...


La tuberculose, provoquée par une  bactérie – le bacille de Koch – est une maladie contagieuse qui se transmet par les voies aériennes. Dans le monde, quelque 1,8 million de personnes en sont mortes en 2015 (300.000 de plus qu’en 2014), selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’OMS estime que 10,4 millions de personnes étaient infectées dans le monde en 2015, dont 500.000 par des formes résistantes aux antibiotiques, la moitié en Inde, en Chine et en Russie.

La Birmanie particulièrement touchée
La tuberculose touche surtout les populations urbaines, pauvres et migrantes en Birmanie, où 140.000 cas de tuberculose résistante ont été enregistrés. 9.000 personnes seraient infectées chaque année par cette forme particulièrement virulente. Celle-ci résiste aux antibiotiques comme l'isoniazide et la rifampicine, les deux antituberculeux les plus efficaces.

Malgré le nombre croissant de patients atteints par cette pathologie, seulement 800 étaient traités dans 38 cantons de Birmanie à la fin de 2012, selon Médecins sans frontières. 

Réduire de 95% les morts dus à la tuberculose et de 90% les nouveaux cas d'ici à 2035 fait partie du programme mis en place par le gouvernement birman. Lequel intègre une campagne de prévention, comme le montre la vidéo ci-dessous, réalisée avec la collaboration du rappeur Sai Sai. Et aussi des dépistages par des équipes mobiles dans les communautés où les taux de personnes atteintes sont élevés.


La tuberculose reste l'une des dix maladies les plus mortelles dans le monde, même si le nombre de décès a reculé de 22% en 15 ans.

En octobre 2016, l’OMS a tiré le signal d’alarme car, selon elle, la recherche d'un vaccin ou d'autres médicaments est «sévèrement sous-financée». Entre 2005 et 2014, 700 millions de dollars ont été alloués annuellement à la recherche et au développement de traitements antituberculeux. Et ce, alors même qu’il en faudrait deux milliards.

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