Boeing disparu en mer de Chine : aucune confirmation pour les débris

Un officier de l\'armée de l\'air vietnamienne participe aux recherches du Boeing de Malaysia Airlines, le 9 mars 2014.
Un officier de l'armée de l'air vietnamienne participe aux recherches du Boeing de Malaysia Airlines, le 9 mars 2014. (HOANG DINH NAM / AFP)

Les recherches pour retrouver l'avion de Malaysia Airlines disparu depuis plus de 48 heures avec 239 personnes à bord n’ont pas donné de résultats, a annoncé un responsable malaisien, lundi.

L'aviation civile vietnamienne avait annoncé, dimanche soir, la découverte de possibles débris du Boeing 777 disparu. Une information démentie par le directeur de l'aviation civile malaisienne, lundi 10 mars. "L'aviation vietnamienne a repéré dimanche soir de possibles débris de l'avion au large de sa côte sud, mais là encore aucune confirmation n'a été apportée", a précisé Azharuddin Abdul Rahman, lors d'une conférence de presse suivie par le correspondant de France 2.

Aucun débris n'a donc été retrouvé, contrairement aux informations de la veille. Les enquêteurs malaisiens n'excluent toujours aucune hypothèse, y compris celle d'un détournement, deux jours après la disparition brutale d'un avion de la compagnie Malaysian Airlines avec à son bord 239 personnes, dont quatre Français.

Francetv info revient sur les zones d'ombre qui subsistent après la disparition de l'appareil qui devait relier Kuala Lumpur à Pékin. 

Qu'en est-il d'éventuels débris ?

Rien de nouveau. En tout cas, les recherches n'ont rien donné. Pourtant, les autorités vietnamiennes pensaient avoir localisé des débris de l'appareil, dimanche. "Un avion vietnamien dit avoir découvert deux objets brisés, semblant appartenir à un avion" au large de l'île de Tho Chu, expliquait ainsi un haut responsable de l'armée vietnamienne. Ils avaient été aperçus dans la même zone que les deux traînées de carburant de plusieurs kilomètres découvertes samedi.

Des bateaux sont dépêchés sur place, à la limite des eaux territoriales vietnamiennes et malaisienne, autour de l'île de Tho Chu et près des côtes. Au total, une quarantaine de navires et 22 appareils de divers pays (notamment Chine, Etats-Unis, Vietnam, Malaisie, Philippines et Singapour) participent désormais aux opérations. La conférence de presse de lundi n'apporte aucune réponse sur la localisation des débris.

AMBROISE BOULEIS - FRANCE 2

L'hypothèse terroriste est-elle crédible ?

L'hypothèse d'une attaque terroriste s'est renforcée avec l'annonce par la Malaisie d'une enquête sur quatre personnes suspectes à bord du vol. Parmi elles, au moins deux passagers ont utilisé des passeports européens volés. Ainsi, l'Autrichien Christian Kozel et l'Italien Luigi Maraldi apparaissent sur la liste des passagers, mais ils n'étaient pas à bord : tous deux s'étaient fait dérober leur passeport en Thaïlande en 2012 et 2013. C'est d'ailleurs de ce pays qu'on été faites les réservations, poussant les enquêteurs à se pencher sur un éventuel trafic de passeports à Phuket. 

L'organisation internationale de coopération policière Interpol a fait savoir dimanche qu'elle enquêtait sur d'autres passeports potentiellement suspects présentés par des passagers. Les vérifications menées par Interpol ont en effet révélé qu'en plus des deux passeports volés, d'autres pouvaient paraître "suspects", sans donner plus de détails.

Il est vraiment "très inquiétant" de voir que deux passagers ont pu embarquer à bord d'un avion assurant un vol international alors que les passeports volés étaient répertoriés dans la base de données de l'organisation, a d'ailleurs relevé le secrétaire général d'Interpol, Ronald Noble. Si les contrôles avaient été faits, "nous n'en serions pas aujourd'hui à nous demander si des passeports volés ont pu être utilisés par des terroristes pour embarquer à bord du vol MH 370".

Selon la presse officielle chinoise, un Chinois dont le numéro de passeport était également sur la liste des passagers n'était pas non plus à bord. En revanche, ce dernier n'a jamais rapporté de vol de passeport. Tout en soulignant qu'il n'existait à ce stade aucune preuve de terrorisme, les Américains, qui avaient trois ressortissants à bord, ont envoyé des agents du FBI sur place. 

L'avion a-t-il changé sa trajectoire ? 

Avant de disparaître, "il existe une possibilité réelle que l'avion ait fait demi-tour", a déclaré le chef de l'armée de l'air malaisienne, le général Rodzali Daud, sur la foi d'analyses radar. Or, "quand il y a un demi-tour en vol, le pilote ne peut pas continuer comme prévu", a noté le patron de Malaysia Airlines, Ahmad Jauhari Yahya. Selon ce dernier, les systèmes d'alerte du Boeing auraient alors été déclenchés. Or, aucun signal de détresse n'a été envoyé par le pilote expérimenté.

Sachant que le pilote de l'avion est présenté comme un homme très expérimenté, cette hypothèse laisse les autorités "perplexes", a encore souligné le patron de la compagnie. 

Par ailleurs, l'agence américaine de la sécurité dans les transports (NTSB) a annoncé avoir envoyé en Malaisie une équipe d'enquêteurs, accompagnés de conseillers techniques de Boeing, afin de se pencher sur l'éventuel aspect technique du drame. Car désintégration ne signifie pas automatiquement attentat, assurent des sources proches de l'enquête. Des causes techniques ont également pu causer un accident. Si tel était le cas, il s'agirait de la catastrophe aérienne la plus meurtrière d'un avion de ligne depuis 2001, date de l'accident d'un Airbus A300 d'American Airlines qui avait fait 265 morts aux Etats-Unis.

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