Avec notre envoyé spécial, devant la maison de Ben Laden...

(Radio France © France Info)

Notre envoyé spécial à Abbottabad, au Pakistan, a pu approcher la maison où s'était caché Oussama ben Laden, et où il a été tué, dimanche par un commando américain. Sébastien Paour nous décrit une propriété bien moins impressionnante que ce que laissaient penser les descriptions des autorités américaines. Dans le voisinage, les habitants se montrent très sceptiques sur la présence de Ben Laden dans cette ville de garnison.

La lecture des comptes-rendus de l'opération donnés par les autorités américaines laissait imaginer un quasi-bunker. L'impression sur place n'est pas vraiment celle-là, raconte notre envoyé spécial à Abbottabad, Sébastien Paour : “Nous sommes devant une maison, finalement assez simple, un peu plus grande que celles qui sont autour, dans un vaste espace au milieu des montagnes, avec effectivement des murs assez élevés, un peu moins que ce qui avait été dit également (quatre mètres). Un mur assez défraîchi, des barbelés sur le dessus, des portes en métal, mais qui ne sont pas blindées (...). On est loin du complexe archi-protégé, sans fenêtre, décrit par les Américains”.

Les autorités pakistanaises présentent pourtant cette maison comme celle où a eu lieu l'assaut de dimanche, et où Oussama ben Laden était caché. Aux alentours, la tonalité est différente. Les habitants ont fait part de leur scepticisme à notre envoyé spécial. Ils ne croient pas vraiment à la présence du chef suprême d'Al Qaida dans cette maison. Les enfants montrent des débris calcinés en les présentant comme des pièces d'hélicoptère, mais les autres habitants “pensent qu'Oussama ben Laden n'est pas mort. On nous dit : “vous savez, Ben Laden est mort cinq ou six fois déjà”. Il n'a pas vécu ici. On est très sceptiques. Et d'ailleurs, chacun avance ici le fait qu'aucune photo, aucune preuve de sa mort n'a été montrée par les Américains, alors que pour Saddam Hussein, on avait vu la photo du cadavre du président irakien”. Lui-même n'a bien-sûr jamais été vu dans le quartier, aucune femme n'a été vue entrant ou sortant de la maison.

La présence des militaires pakistanais à Abbottabad est prégnante. Partout, des panneaux indiquent des structures de l'armée : hôpitaux, casernes, centres de formation etc... L'élite de l'armée est formée ici. Et la présence de Ben Laden, pendant des mois, voire des années, au milieu de ces soldats censés le traquer étonne et interroge le monde entier, aussi bien que les habitants de la ville.

Sébastien Paour, Grégoire Lecalot

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