Australie: des accusations de pédophilie visent 7% des prêtres catholiques

L\'avocate australienne Gail Furness, le 16 septembre 2013, devant la Commission d\'enquête royale.
L'avocate australienne Gail Furness, le 16 septembre 2013, devant la Commission d'enquête royale.

Entre 1950 et 2010, 7% des prêtres catholiques australiens en activité ont fait l'objet d'accusations de pédophilie, sans n'avoir été jamais poursuivis. Cette proportion pouvait atteindre 15% selon les diocèses, d'après les chiffres de la Commission d'enquête royale qui a commencé à enquêter sur la pédophilie dans l'Eglise à partir de 2013.


Le Vatican suit de près les travaux de la Commission d'enquête royale. Après quatre années d'investigations, lors desquelles des milliers de témoignages de victimes ont été recueillis, Gail Furness a rendu publiques les statistiques révélant l'ampleur des abus. «Entre 1950 et 2010, globalement, 7% des prêtres étaient des auteurs présumés» d'abus sexuels sur des enfants, a déclaré cette avocate qui préside les travaux de la Commission.

Dans certains diocèses, la proportion des prêtre soupçonnés de pédophilie atteignait même 15%. Quelque 4.444 faits de pédophilie ont été signalés aux autorités cléricales entre 1950 et 2010, souligne la Commission qui a également mené son enquête auprès des écoles, des orphelinats, de l'armée, d'associations et de clubs sportifs, après plus d'une décennie de pressions.

La parole des enfants, âgés de 10 et 11 ans, ignorée
La moyenne d'âge des victimes était de 10 ans pour les filles et de 11 ans pour les garçons. Sur les 1.880 affaires de pédophilie présumées, 90% concernaient des hommes. L'ordre de St John of God Brothers bat des records avec 40% de ses membres accusés de pratiques pédophiles. «Les récits sont similaires et déprimants. Les enfants étaient ignorés, ou pire, punis. Les accusés ne faisaient l'objet d'aucune enquête», a ajouté Mme Furness. 
 

«L'échec massif de l'Eglise catholique d'Australie»
«Ces chiffres sont choquants, ils sont tragiques, ils sont indéfendables», a déclaré devant la Commission Francis Sullivan, directeur du Conseil de la vérité, de la justice et de la cicatrisation, institution créée pour faire face à ce fléau. «Ces données, ajoutées à tout ce qu'on a entendu ces quatre dernières années, ne peuvent être interprétées que d'une seule manière: c'est l'échec massif de l'Eglise catholique d'Australie à protéger les enfants des abus. En tant que catholiques, nous baissons honteusement la tête», a-t-il ajouté.
 

Le cardinal australien George Pell, l'actuel numéro trois du Vatican, avait été entendu par la Commission d'enquête australienne afin qu'il s'explique sur sa position dans les années 70, la hiérachie de l'Eglise étant soupçonnée d'avoir couvert des prêtres accusés d'actes pédophiles. Mgr Pell a démenti avoir eu connaissance à l’époque de ces mises en cause, tout en reconnaissant une période «de crimes et de dissimulations» au sein de l’Eglise qui, selon lui, a «failli et abandonné les gens».

En 2002, alors qu’il était archevêque de Sydney, Mgr Pell avait été accusé d’abus sexuels sur mineurs pour des faits présumés très anciens, pour lesquels il avait été blanchi.

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