Émeutes anti-musulmans au Sri Lanka : "Mes employés étaient effrayés", raconte le propriétaire d’une usine saccagée

Le nord du Sri Lanka est secoué depuis 48h par des émeutes anti-musulmans.
Le nord du Sri Lanka est secoué depuis 48h par des émeutes anti-musulmans. (LAKRUWAN WANNIARACHCHI / AFP)

Depuis dimanche soir, des émeutes visant la communauté musulmane secouent le nord du Sri Lanka, en représailles aux attentats du 21 avril. Franceinfo a rencontré un patron dont l’usine a été incendiée.

Un homme est mort lundi 13 mai, lynché par une foule en colère dans le district de Puttalam, au nord-ouest du Sri Lanka. Depuis dimanche, des émeutes anti-musulmans secouent la région, trois semaines après les attentats jihadistes de Pâques qui ont fait 258 morts dans le pays.

Des mosquées, des magasins, des habitations et des véhicules ont été vandalisés, alors que la communauté musulmane fait en ce moment le ramadan. 

Une usine entièrement détruite par les flammes

À Gampola, à une centaine de kilomètres au nord de la capitale Colombo, Ali Fawney a tout perdu. Son usine de confection de pâtes a été incendiée par un groupe de 200 hommes, violents et très organisés : "Ils sont arrivés devant mon usine avec deux camions remplis de pneus. Ils ont mis feu aux pneus, et les ont placés sous les machines. Sept de mes employés se trouvaient à l’intérieur."

Ses employés ont réussi à fuir, en passant par une fenêtre située à sept mètres de hauteur. Trois d’entre eux sont blessés, et se trouvent à l’hôpital.

Trois millions et demi d’euros de perte

Cet homme d'affaires musulman estime avoir perdu trois 3,5 millions d’euros dans ce saccage. Mais il garde l'espoir que ces extrémistes ne gagneront pas. "Après les attentant du dimanche de Pâques, beaucoup accusaient tous les musulmans d’être des terroristes. Aujourd’hui, je ne veux pas tomber dans le même raccourci. Je sais que ce sont des extrémistes cingalais qui essaient de nous diviser, et cela ne doit pas arriver".

Depuis le début des émeutes, quinze personnes ont été arrêtées par la police, dont un extrémiste bouddhiste. Le couvre-feu est toujours en place dans cette zone du nord de Colombo et les réseaux sociaux bloqués dans tout le pays.

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