Afghanistan: des élections "bonnes mais pas toujours libres" selon l'Union Européenne

(Radio France © France Info)

Deux jours seulement après le premier tour de l’élection présidentielle en Afghanistan, le doute s’installe sur la régularité du scrutin. Ce matin, le chef de la mission d’observation de l’Union Européenne, Philippe Morillon, a déclaré que les élections présidentielle et provinciales ont été "bonnes et équitables", mais "pas toujours libres". Les résultats devraient être connus au début du mois de septembre.

Philippe Morillon qui donnait ce matin une conférence de presse à Kaboul a donc été mesuré dans ces commentaires. Il parle d'une victoire pour le peuple afghan mais note que “Ce que nous avons observé en général a été jugé bon et équitable par nos
observateurs, et avec notre méthodologie...”
mais “les élections n'ont pas été libres dans certaines parties du pays en raison
de la terreur... ”

Le premier tour de l’élection présidentielle opposaient jeudi deux principaux candidats : le sortant, Hamid Karzai, issue de la majorité pachtoune, et le docteur Abdullah, ancien ministre des affaires étrangères et représentant des tadjiks du Nord du pays. Ces dernières heures, ils ont, tous les deux, revendiqué la victoire. Les deux candidats espèrent obtenir plus de 50% des voix pour éviter un éventuel second tour qui aurait lieu en octobre.

Les pressions des talibans sont craintes par la communauté internationale et notamment les Etats-Unis. Barack Obama, qui avait demandé le déploiement de renforts pour faire face aux talibans, a rendu hommage aux électeurs afghans en saluant “leur courage” et leur “dignité” . Evoquant des “actes de violences et d’intimidation” , le président des Etats-Unis a ajouté qu’il existait “un contraste évident entre ceux qui cherchent à prendre contrôle de leur avenir par les urnes et ceux qui tuent pour empêcher que ce la ne se produise” .

Des électeurs auraient subi les représailles des talibans

La Fondation des élections libres et équitables en Afghanistan a affirmé que deux électeurs de la province de Kandahar avaient perdu un doigt. Cette annonce fait suite à la rumeur selon laquelle les talibans couperaient les doigt des afghans ayant décidé de se rendre aux urnes.

L’un des responsables de la Fondation, Nader Nadery, a précisé que les doigts des électeurs concernés étaient tachés d’encre indélébile. Une pratique permettant aux militants d’identifier les électeurs dans les régions contrôlées par l’insurrection.

La commission européenne a affirmé que le comptage des bulletins de vote devrait être conduit en toute transparence. Les résultats sont attendus pour le 3 septembre.

Camille Gignac, avec agences

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