Pour Recep Tayyip Erdogan, la reconnaissance américaine du génocide arménien n'a "aucune valeur"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé que les autorités allaient renvoyer à partir de lundi 11 novembre les jihadistes étrangers dans leur pays d’origine. Une dizaine de terroristes détenus en Turquie seraient français.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé que les autorités allaient renvoyer à partir de lundi 11 novembre les jihadistes étrangers dans leur pays d’origine. Une dizaine de terroristes détenus en Turquie seraient français. (ADEM ALTAN / AFP)

"Nous voyons cette accusation comme la plus grande insulte qui soit à notre nation", a réagi le président turc après le vote symbolique dans la Chambre des représentants.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré, mercredi 30 octobre, que la reconnaissance du génocide arménien par la Chambre des représentants des Etats-Unis n'avait "aucune valeur" pour la Turquie. "Nous voyons cette accusation comme la plus grande insulte qui soit à notre nation", a ajouté le chef de l'Etat devant des députés de son camp à Ankara.

La Chambre des représentants des Etats-Unis a adopté mardi, à une écrasante majorité, un texte appelant à "commémorer le génocide arménien", à "rejeter les tentatives (...) d'associer le gouvernement américain à la négation du génocide arménien" et à éduquer sur ces faits.

Un pays dont l'histoire est entachée par des génocides et l'esclavage n'a ni le droit de nous faire des remarques, ni le droit de nous donner des leçons.Recep Tayyip Erdogan

Plus de 1,2 million de morts

Le génocide arménien est reconnu par une trentaine de pays et de nombreux historiens. Selon les estimations, entre 1,2 million et 1,5 million d'Arméniens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l'Empire ottoman, alors allié à Allemagne et à l'Autriche-Hongrie.

Mais la Turquie refuse l'utilisation du terme "génocide", évoquant des massacres réciproques sur fond de guerre civile et de famine ayant fait des centaines de milliers de morts dans les deux camps. Mercredi, le ministère turc des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur américain à Ankara pour lui transmettre la protestation turque.

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