Après la mort d'un bébé palestinien brûlé vif, son père succombe à ses blessures

Des Palestiniens portent le cercueil de Saad Dawabcheh, à Douma, en Cisjordanie, samedi 8 août 2015. 
Des Palestiniens portent le cercueil de Saad Dawabcheh, à Douma, en Cisjordanie, samedi 8 août 2015.  (JAAFAR ASHTIYEH / AFP)

Le 31 juillet, son fils Ali, 18 mois, était mort lorsque des hommes masqués avaient lancé des cocktails Molotov dans leur petite habitation du village de Douma, entouré de colonies israéliennes dans le nord de la Cisjordanie occupée.

La mort de Saad Dawabcheh risque de relancer les tensions dans les Territoires palestiniens. Ce père de famille palestinien a succombé à ses blessures samedi 8 août, un peu plus d'une semaine après son bébé de 18 mois, mort dans l'incendie de la maison familiale, détruite par des cocktails Molotov, lancés par des extrémistes juifs.

Son épouse et mère du nourrisson, Riham, 26 ans, quasiment entièrement brûlée au troisième degré, est toujours hospitalisée en Israël dans un état critique, tandis que leur autre fils Ahmed, 4 ans, n'est plus sous respiration artificielle et aurait ouvert les yeux, indiquent des médias. 

Alors que le décès d'Ali du nourrisson avait provoqué plusieurs jours d'affrontements entre Palestiniens, soldats et colons israéliens à travers la Cisjordanie, les autorités israéliennes et palestiniennes craignent de nouvelles violences.  Francetv info fait le point sur la situation :

Plusieurs extrémistes juifs arrêtés 

Les murs noircis de leur maison de Douma incendiée avaient été couverts des mots "Vengeance" et "Prix à payer", signature habituelle des colons et activistes de l'extrême droite israélienne. Longtemps impunis, ces activistes sont désormais dans le viseur du gouvernement de Benjamin Netanyahou, pourtant l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël.

Décidées à juger ces "terroristes", selon les mots du Premier ministre israélien, les autorités ont placé, pour la première fois depuis des années, un extrémiste juif en détention administrative. Ce régime, qui permet d'incarcérer des suspects sans inculpation et pour une période de six mois renouvelable indéfiniment, est traditionnellement réservé aux Palestiniens.

Les autorités ont par ailleurs arrêté le jeune Meïr Ettinger, soupçonné d'être l'un des inspirateurs des récentes violences de l'extrémisme juif. Deux autres jeunes israéliens ont été arrêtés après l'attaque de Douma. Ils sont soupçonnés d'activités extrémistes, mais les autorités n'ont pas indiqué s'ils étaient ou non mis en cause pour la mort du nourrisson.

Les Palestiniens saisissent la Cour pénale internationale

Les Palestiniens, qui raillent régulièrement l'inaction de la justice israélienne face aux extrémistes juifs, ont décidé de porter l'affaire devant la Cour pénale internationale (CPI). Samedi, le corps de Saad Dawabcheh, 32 ans, a été autopsié afin d'apporter de nouvelles preuves au tribunal de La Haye.

Le même jour, plusieurs milliers de Palestiniens se sont réunies dans l'après-midi pour lui rendre un dernier hommage, à l'occasion de ses funérailles à Douma, dans une nuée de drapeaux palestiniens. 

L'Autorité palestinienne annonce des "comités populaire" de protection

A Douma, comme dans d'autres villages, les habitants disent vivre dans la peur de nouvelles attaques, sans espoir d'obtenir protection des forces israéliennes, ni palestiniennes. En effet, ces dernières ne sont pas autorisées à se rendre dans plus de 60% de la Cisjordanie et ne peuvent accéder à la plupart des zones restantes qu'avec le feu vert de l'Etat hébreu. Ainsi, l'Autorité palestinienne a toutefois annoncé la création de "comités populaires" de protection.

Pour sa part, un porte-parole du Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza est en conflit ouvert avec l'Autorité palestinienne qu'il accuse de se compromettre avec Israël, a appelé sur sa page Facebook à un "affrontement ouvert et global contre l'occupant sans attendre (...) de feu vert de quiconque". 

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