Pérou : le président Martin Vizcarra échappe à la destitution

Le président péruvien Martin Vizcarra arrive au Parlement, à Lima, le 18 septembre 2020.
Le président péruvien Martin Vizcarra arrive au Parlement, à Lima, le 18 septembre 2020. (ANDRES VALLE / PERUVIAN PRESIDENCY / AFP)

Une procédure de destitution avait été initiée la semaine dernière à la suite d'accusations de manipulation de témoins dans une enquête sur des soupçons de corruption.

Il était accusé d'"incapacité morale". Le président péruvien Martin Vizcarra a finalement échappé à la destitution, vendredi 18 septembre, ses adversaires n'étant pas parvenus à rassembler le nombre de voix suffisant pour le renverser au Parlement.

Les voix de 87 parlementaires sur les 130 qui composent le Parlement monocaméral du Pérou étaient nécessaires pour destituer le président de centre droit, au pouvoir depuis 2018. A l'issue de dix heures de débat, seuls 32 députés se sont prononcés pour entériner la procédure de destitution, initiée la semaine dernière par ce même Parlement à la suite d'accusations de manipulation de témoins dans une enquête pour des soupçons de corruption.

Une pays marqué par une forte instabilité

L'affaire porte sur l'embauche d'un chanteur par le ministère de la Culture, la justice soupçonnant l'artiste d'avoir bénéficié d'un contrat de complaisance. Des enregistrements audio dans lesquels Martin Vizcarra demande à des témoins de mentir avaient précipité le vote d'une motion du Parlement, 65 parlementaires, sur les 52 requis, ayant demandé d'enclencher la procédure de destitution.

A l'ouverture des débats, le président s'est rendu au Parlement pour plaider sa cause, bien qu'il n'y soit pas tenu par la loi : "Je ne pars pas, je ne l'ai pas fait avant et je ne vais pas le faire maintenant", a-t-il déclaré. Mais il s'est ensuite retiré, laissant la parole à son avocat, Roberto Pereira, qui a demandé "le rejet" de la procédure "car elle souffre d'un manque de caractérisation des faits".

Cette crise politique ne souffre pas de différences idéologiques, puisque le président et la majorité parlementaire sont tous deux de centre-droit. Elle se résume, selon les observateurs et aux yeux de la population, à une simple lutte de pouvoir, avec la polémique autour du contrat du chanteur pour prétexte. Le Pérou a connu une forte instabilité politique au cours des dernières années, les quatre derniers présidents ayant eu maille à partir avec la justice.

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