Obama : candidat de l'espoir en 2008, du réalisme en 2012

Le président américain, Barack Obama, à l\'issue de son discours de clôture de la convention démocrate à Charlotte (Caroline du Nord), le 6 septembre 2012.
Le président américain, Barack Obama, à l'issue de son discours de clôture de la convention démocrate à Charlotte (Caroline du Nord), le 6 septembre 2012. (LARRY RUBENSTEIN / REUTERS)

Le président sortant a reçu dans la nuit l'investiture du Parti démocrate pour affronter le républicain Mitt Romney à la présidentielle du 6 novembre.

PRESIDENTIELLE AMERICAINE – Il n'y avait personne d'autre en lice. Il n'empêche. Barack Obama a reçu et accepté, jeudi 6 septembre, l'investiture du Parti démocrate pour affronter le républicain Mitt Romney lors de la présidentielle américaine du 6 novembre. Pour conclure la convention nationale de sa formation politique, réunie à Charlotte (Caroline du Nord), le président sortant a prononcé un discours entre espoir et réalisme.  

"Cet espoir a été mis à l'épreuve", a expliqué Obama à la tribune, rappelant le slogan qui l'avait fait élire en 2008. Le président fait face à une perspective de réélection difficile après quatre années de mandat marquées par les conséquences d'une grave crise économique. Il a notamment mentionné "le coût de la guerre, l'une des pires crises économiques de notre histoire, et le blocage politique qui nous a fait nous demander s'il était toujours possible d'être à la hauteur des problèmes de notre époque".

Une voie "difficile" vers "un monde meilleur"

En termes d'économie, principale préoccupation des Américains, ces problèmes "peuvent être résolus", a assuré le candidat démocrate. "Nous pouvons être à la hauteur des difficultés. Le chemin que nous proposons est peut-être plus difficile, mais il nous mène vers un monde meilleur", a-t-il encore dit. Il a invoqué la nécessité d'un "effort commun" et d'une "responsabilité partagée", comparant sa mission à celle de Franklin Roosevelt pendant la crise de 1929. 

Société : "votre voix peut faire la différence"

A la Maison Blanche depuis quatre ans, il a fustigé "les politiciens de Washington qui veulent décider qui vous avez le droit d'épouser, ou contrôler les choix que les femmes devraient faire d'elles-mêmes". "Si vous abandonnez l'idée que votre voix peut faire la différence, a-t-il lancé depuis la tribune, alors d'autres voix viendront remplir ce vide : les lobbyistes et les défenseurs d'intérêts particuliers, les gens qui essaient d'acheter cette élection avec des chèques de 10 millions de dollars", a-t-il poursuivi, en référence aux soutiens de son adversaire, le milliardaire Mitt Romney, issu du milieu des affaires.

Diplomatie : les gaffes de Romney

Sur les relations internationales, le président sortant a attaqué frontalement son adversaire républicain : "On n'est peut-être pas prêt à la diplomatie avec Pékin si l'on ne peut pas se rendre aux Jeux olympiques sans insulter notre allié le plus proche", a-t-il dit, rappelant les couacs de la visite londonienne de Mitt Romney. "On ne qualifie pas d'ennemi numéro un la Russie, et non Al-Qaïda, sauf si l'on est bloqué dans une mentalité de la guerre froide", a-t-il ajouté, maintenant son intention de mettre fin à la guerre en Afghanistan.

Barack Obama a terminé son discours sur le thème de l'écologie, largement mis de côté par les républicains, avant de conclure : "C'est ce que nous pouvons faire dans les quatre années à venir, et c'est la raison pour laquelle je suis candidat à un deuxième mandat de président des Etats-Unis." Rejoint par sa femme, Michelle, et leurs deux filles, Sasha et Malia, il a lancé à ces dernières : "Vous me rendez si fier…" Ajoutant avec humour : "Mais ne vous faites pas d'illusion, vous irez encore à l'école demain."