"Les gens en ont marre ! On ne peut pas continuer ainsi" : au Chili, la contestation s'amplifie contre les inégalités sociales

Plus d\'un million de manifestants ont envahi le centre de Santiago du Chili vendredi 25 octobre pour protester contre les inégalités sociales, une semaine après le déclenchement d\'une vague de contestation sans précédent depuis des décennies (photo aérienne).
Plus d'un million de manifestants ont envahi le centre de Santiago du Chili vendredi 25 octobre pour protester contre les inégalités sociales, une semaine après le déclenchement d'une vague de contestation sans précédent depuis des décennies (photo aérienne). (PEDRO UGARTE / AFP)

Une foule de plus d'un million de personnes a déferlé vendredi dans les rues de la capitale Santiago pour protester contre les inégalités sociales et la répression de cette vague de contestation déclenchée il y a une semaine.

Plus d'un million de personnes dans les rues de Santiago du Chili vendredi, sans compter les manifestations dans d'autres villes du pays. Du jamais vu depuis trente ans au moins. Les manifestants, d'abord mobilisés contre la hausse du ticket de métro, demandent des réformes sociales profondes, dans l'un des pays les plus inégalitaires au monde, et la fin de la répression contre les manifestants, qui a fait des centaines de blessés.

Reportage dans le rassemblement à Santiago du Chili - Justine Fontaine.
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Sur plus de deux kilomètres, les gigantesques avenues qui mènent à Plaza italia, dans le centre de Santiago, débordent de manifestants. Ces Chiliens, dont beaucoup de jeunes, demandent la démission du gouvernement, et des réformes profondes pour mieux redistribuer les richesses du pays. Javiera Herrera est étudiante et manifeste tous les jours depuis une semaine. "Nous ne pouvons pas continuer ainsi, à nous endetter pour acheter à manger, pour nous soigner, pour payer nos études. Les gens en ont marre !", explique la jeune femme.

Repression et accusation de tortures

Depuis le début des manifestations, plus de 500 personnes ont été hospitalisées après avoir été blessées par des armes à feu, des tirs au plomb ou des tirs de flashballs. Rodrigo Nunez est infirmier. Il a mis en place avec d'autres professionnels de santé un centre de premiers secours, aux abords de la manifestation. "On reçoit surtout des gens qui ont des problèmes respiratoires à cause des gaz lacrymogènes utilisés en grande quantité. Nous avons aussi reçu beaucoup de gens touchés par des flashballs, des balles en plastique envoyées par air comprimé et qui transpercent la peau. Cela a provoqué des lésions oculaires, ou sur d'autres parties du corps, car ces balles sont tirées de manière indiscriminée et à bout portant", témoigne-t-il.

Plusieurs personnes ont aussi dénoncé avoir été victimes de tortures de la part des forces de l'ordre, ou avoir été arrêtées chez elles par des policiers sans mandat d'arrêt. Une délégation du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'homme est attendue dès lundi au Chili pour examiner ces accusations. Une annonce que salue Abigail Figueroa, qui se protège des gaz lacrymogènes avec un masque. "Je pense qu'il est important qu'à l'étranger les gens se rendent compte qu'il existe encore de la torture au Chili, qu'on réprime encore les gens avec des armes à feu, des gaz qui nous causent des dommages physiques. Et je crois que si on donne de la visibilité à cette situation, cela peut aider notre mouvement",  dit-elle. La délégation du Haut commissariat aux droits de l'homme de l'ONU devrait rester au Chili pendant un mois. 

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