Mexique: Cabo Pulmo menacé par le tourisme de masse

Le site de Cabo Pulmo vu d\'avion
Le site de Cabo Pulmo vu d'avion (AFP )

C'est «la réserve marine la plus saine du monde», selon l'institut de recherche océanographique de San Diego. Cabo Pulmo est un récif corallien mexicain protégé, menacé par un projet hôtelier pharaonique. Les habitants se mobilisent pour stopper ce qui ruinerait leur mode de vie. Il y a 15 ans, ils sont passés de la surpêche à l'écotourisme au prix de gros efforts.

Le projet touristico-immobilier du groupe espagnol Hansa Urbana suscite la polémique au Mexique. Dénommé «Cabo Cortes» et localisé à côté d'un Parc national créé en 1995 autour d'un récif corallien protégé, un des trois seuls d'Amérique du Nord, il prévoit la construction sur 4.000 hectares de 27.000 logements au cours des 25 prochaines années.

Près de cette plage de la côte de Basse Californie sur la mer de Cortes, que le commandant Cousteau appelait  «l'aquarium du monde», les promoteurs du projet prévoient de construire une véritable petite ville, avec ses milliers de chambres d'hôtel, ses résidences secondaires, son école et ses commerces, une piste d'atterrissage, une marina, trois parcours de golf, le tout alimenté en eau par une usine de dessalinisation. L'ensemble représente un budget de 500 millions de dollars «sur 30 ans».




AFP, le 16 juin 2012


Le long du récif, que les experts estiment vieux de 25.000 ans, des bancs de milliers de poissons forment des murs à 25 mètres de fond. S'y côtoient des centaines d'espèces, du plus petit coquillage aux mérous de plus d'un mètre. Les murènes séjournent dans leurs trous, et un peu plus loin les requins rôdent.

«Le projet va détruire le récif», accuse Juan Castro, le patriarche d'une famille «historique» de Cabo Pulmo, ancien pêcheur de perles devenu restaurateur. Cet adversaire déclaré de «Cabo Cortes» est soutenu par des associations régionales et des ONG internationales.

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