Les députés chiliens autorisent l'avortement thérapeutique

Des manifestants demandent la légalisation de l\'avortement thérapeutique au Chili, à Santiago (Chili), le 6 mars 2016.
Des manifestants demandent la légalisation de l'avortement thérapeutique au Chili, à Santiago (Chili), le 6 mars 2016. (MARTIN BERNETTI / AFP)

Strictement interdit depuis 1989, l'avortement pourrait être autorisé au Chili en cas de viol, de fœtus non viable et de risque pour la santé de la mère, si le Sénat confirme ce feu vert.

La Chambre des députés du Chili a autorisé, jeudi 17 mars, l'avortement en cas de viol, de fœtus non viable et de risque pour la santé de la mère, comme le relaie El Mercurio (en espagnol). L'interruption de grossesse était totalement interdite depuis la dictature de Pinochet. "C'est incroyable, c'est approuvé", a annoncé le président de la Chambre des députés, Marco Antonio Nuñoz, alors que ce pays est l'un des rares au monde à appliquer une interdiction stricte de l'avortement. Ce premier feu vert doit désormais être validé par le Sénat.

Une interdiction décrétée en 1989 par Pinochet

Chacun des trois motifs d'avortement envisagés a fait l'objet d'un vote séparé : en cas de risque pour la santé de la mère, 67 députés ont voté pour, 47 contre. En cas de fœtus non viable, 62 ont voté pour, 46 contre. Enfin, le cas ayant suscité le plus de polémique, celui d'une grossesse due à un viol, a recueilli 59 votes pour, 47 contre.

Pendant plus de cinquante ans, jusqu'en 1989, l'avortement était autorisé au Chili en cas de danger de mort pour la mère ou de fœtus non viable. Mais juste avant de quitter le pouvoir, l'ex-dictateur Augusto Pinochet avait décrété une interdiction en toutes circonstances, maintenue ensuite sous la pression de l'Eglise catholique et des groupes conservateurs.

En Amérique latine, le Salvador, Haïti, le Honduras et le Nicaragua interdisent toujours l'avortement quelles que soient les circonstances.

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