Le républicain Herman Cain renonce à briguer la Maison Blanche

Herman Cain le 4 novembre 2011 lors du sommet d\'une fondation conservatrice à Washington.
Herman Cain le 4 novembre 2011 lors du sommet d'une fondation conservatrice à Washington. (Nicholas KAMM / AFP )

Plombé par des accusations de scandales sexuels, le candidat à la primaire républicaine jette l'éponge.

La présence d'Herman Cain sur la scène politique américaine aura été comme un feu de paille : le candidat républicain atypique, plombé par des accusations de scandales sexuels, a annoncé samedi 3 décembre qu'il renonçait à poursuivre sa campagne pour la présidentielle de 2012.

"Je suspends ma campagne présidentielle à cause des incessantes diversions qui ne cessent de me blesser ainsi que ma famille", a-t-il déclaré à ses soutiens réunis à Atlanta en Géorgie (Sud) devant ce qui devait être son siège de campagne. "De fausses accusations ont destabilisé ma crédibilité à proposer des solutions aux gens".

Le seul candidat noir républicain dans la course à la Maison Blanche a cependant annoncé qu'il briguerait de nouvelles responsabilités politiques à l'avenir, sans pour autant préciser lesquelles. Son charisme télévisuel, son franc-parler d'entrepreneur accompli aux origines modestes, le distinguent des pâles candidats républicains et le hissent en tête des sondages en septembre et octobre où il caracole au coude- à-coude avec le favori d'alors Mitt Romney.

Quelles sont les accusations qui pèsent sur Cain ?

La descente aux enfers du candidat au sourire éclatant commence peu après le 30 octobre, avec la première accusation de harcèlement sexuel. En tout, quatre femmes vont le mettre en cause. L'une d'elle, Sharon Bialek, l'accuse publiquement le 7 novembre d'avoir voulu obtenir des faveurs sexuelles lors d'une rencontre en juillet 1997 à Washington, après qu'elle l'eut contacté pour qu'il l'aide à retrouver du travail.

Dans la foulée, une deuxième femme, Karen Kraushaar, employée au département du Trésor, sort, elle aussi, de l'anonymat. Elle affirme être l'une des deux femmes avec lesquelles Herman Cain avait conclu un règlement à l'amiable dans les années 90 après avoir été, selon elle, victime de harcèlement sexuel lorsqu'elle était employée dans le Groupement national des restaurateurs, dont le candidat était alors président.

Herman Cain dénonce alors une "chasse aux sorcières" visant à saborder sa campagne. Mais après des explications et démentis embrouillés, il admet le règlement financier à l'amiable tout en niant "avoir agi de façon déplacée avec quiconque". Dans la tempête, il ne se départit pas pour autant de son aplomb et accuse "la machine démocrate" d'être derrière ces accusations.

Gingrich remonte

De plus en plus à la traîne dans les sondages, le coup de grâce tombe le 28 novembre avec une accusation d'adultère. Ginger White annonce à la télévision qu'elle a été la maîtresse de M. Cain ces 13 dernières années. Acculé, le candidat tient bon: il nie toute liaison et réaffirme qu'il poursuit sa campagne "tant qu'il aura le soutien de sa femme". 

Paradoxe des paradoxes, la déroute d'Herman Cain profite déjà à Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des représentants, lui aussi connu pour ses liaisons extra-conjugales.

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