Lâcher de moustiques "vaccinés" pour combattre la dengue au Brésil

Le biologiste brésilien Roberto Costa Peres relâche quelques uns des quelques 10 000 moustiques \"vaccinés\" contre la dengue, le 2 octobre 2014 à Rio de Janeiro. 
Le biologiste brésilien Roberto Costa Peres relâche quelques uns des quelques 10 000 moustiques "vaccinés" contre la dengue, le 2 octobre 2014 à Rio de Janeiro.  (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Après deux ans d'étude, c'est la première fois qu'un pays d'Amérique latine tente cette expérience déjà en cours au Vietnam, en Indonésie et en Australie. 

C'est une méthode alternative et naturelle aux moustiques transgéniques. Les premiers lâchers de moustiques "immunisés" contre la dengue pour combattre l'insecte vecteur de cette maladie tropicale virale ont été effectués à Rio de Janeiro au Brésil, jeudi 2 octobre. 

"On leur a inoculé en laboratoire la bactérie Wolbachia qui bloque le développement du virus de la dengue", détaille le biologiste Gabriel Sylvestre Ribeiro, qui participe aux opérations orchestrées par la Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz). "On lâche ces 'moustiques du bien' devant les maisons pour qu'ils y entrent et se reproduisent avec les moustiques sauvages. Leur progéniture ne transmettra plus la dengue", explique-t-il. 

Dans le quartier de Tubiacanga, au nord de la ville, 10 000 moustiques Aedes aegypti 'vaccinés' ont été lâchés. Après deux ans d'étude, c'est la première fois qu'un pays d'Amérique latine tente cette expérience déjà en cours au Vietnam, en Indonésie et en Australie.

 

Une méthode "naturelle" et "sûre"

Le Brésil a été le pays le plus touché par la dengue depuis 2000, avec sept millions de cas notifiés et 800 morts au cours de cinq dernières années. Cette expérience de la Fiocruz s'ajoute à celle des moustiques génétiquement modifiés.

Fin juillet, le Brésil a inauguré son premier élevage de moustiques transgéniques à grande échelle pour combattre l'Aedes aegypti. L'entreprise britannique Oxitec a installé une usine à Campinas (Sao Paulo), qui a la capacité de produire 550 000 insectes par semaine. Ces moustiques, lâchés dans la nature en quantité deux fois supérieure à celle des moustiques non-transgéniques, attireront les femelles pour copuler mais leur progéniture n'atteindra pas l'âge adulte et réduira la population de moustiques. Mais, pour une ville de 50 000 habitants, le coût est d'1,6 million d'euros la première année et 335 000 euros les années suivantes.

En comparaison, le biologiste Rafael Freitas, responsable de l'élevage de moustiques vaccinés dans le laboratoire de la Fiocruz, explique que cette méthode des moustiques "vaccinés" a l'avantage d'être "naturelle" et "sûre" car la bactérie n'est pas nuisible à l'homme ni à la nature, mais également "durable", car elle passe de génération en génération de moustiques. De plus, elle est "à but non-lucratif", Fiocruz étant une entreprise publique.