La justice brésilienne gèle 90,7 millions d'euros d'Alstom, soupçonné de corruption

L\'usine d\'Alstom à Taubate (Brésil), à l\'est de Sao Paulo, photographiée le 8 mars 2012.
L'usine d'Alstom à Taubate (Brésil), à l'est de Sao Paulo, photographiée le 8 mars 2012. (YASUYOSHI CHIBA / AFP)

Le groupe d'énergie eet de transport français serait impliqué dans un cas de corruption "d'extrême gravité".

Alstom est dans le collimateur des autorités brésiliennes. La justice a gelé lundi 2 février l'équivalent de 90,7 millions d'euros (282 millions de réais) appartenant au groupe d'énergie et de transport français Alstom. L'entreprise est soupçonnée de corruption dans des contrats d'énergie au Brésil.

Les faits, un cas de corruption "d'extrême gravité", remontent à 1998, a précisé mardi le procureur du patrimoine public de Sao Paulo, José Carlos Blat. L'enquête cherche à prouver l'existence de dessous-de-table versés à des fonctionnaires de l'administration de Sao Paulo par la filiale brésilienne d'Alstom pour obtenir la signature d'un contrat sans à avoir à passer par un appel d'offres, selon le quotidien Folha de Sao Paulo.

Un fonctionnaire brésilien écarté

L'un des fonctionnaires impliqués est Robson Marinho, ex-conseiller du Tribunal des comptes de Sao Paulo et l'un des fondateurs du parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB, opposition), le grand rival du Parti des travailleurs (PT, gauche) au pouvoir. "L'action d'improbité continue parce qu'il s'agit d'un cas de corruption d'extrême gravité ou en plus du contrat, il a été accepté une gratification de corruption passive et active entre Marinho et d'autres agents publics et Alstom du Brésil", a affirmé José Carlos Blat mardi dans une interview à la chaîne de TV Globo news.

Marinho a été écarté de ses fonctions l'an dernier, a rappelé le procureur qui a ajouté que le contrat en question concernait la construction d'usines électriques à Sao Paulo pour la transmission d'énergie à la fin des années 90. Le service de presse d'Alstom à Sao Paulo a affirmé dans un courrier électronique à l'AFP que "l'entreprise n'avait pas encore été notifiée et réitère que ses activités respectent la législation brésilienne".

Alstom a déjà admis que certains de ses cadres avaient versé des pots de vin à des fonctionnaires en Indonésie, en Egypte et en Arabie Saoudite, aux Bahamas et à Taiwan pour remporter des contrats. Alstom fait aussi l'objet d'une enquête au Brésil pour sa participation présumée à un cartel d'entreprises soupçonnées de corruption dans des appels d'offres concernant la construction et l'entretien du métro de Sao Paulo.

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