Incendie au Canada : "Les entreprises jouent trop avec la nature", dénoncent des Amérindiens

Un homme évacué après les incendies de Fort McMurray est assis dans un centre d\'accueil, à Lac la Biche (Canada), le 7 mai 2016.
Un homme évacué après les incendies de Fort McMurray est assis dans un centre d'accueil, à Lac la Biche (Canada), le 7 mai 2016. (CHRIS WATTIE / REUTERS)

Parmi les personnes déplacées en Alberta figurent des représentants de la nation Chipewyan.

"Dame nature est en colère." Comme tous les Amérindiens de la nation Chipewyan, Elmer McDonald a été évacué des forêts en flammes de Fort McMurray (Canada). En attendant de pouvoir rentrer sur ses terres pour aller à la pêche, il accuse les groupes pétroliers et forestiers de polluer l'environnement et de détruire l'écosystème. "Ils jouent trop avec la nature, quelqu'un doit bien finir par en payer le prix."

Dans le nord de l'Alberta, comme lui, des autochtones et des experts des feux de forêt s'inquiètent de l'intensité de l'activité humaine. Ils déplorent notamment les effets des mines de sables bitumineux et les coupes claires en forêt. 

"Il y a toujours eu des feux de forêt mais maintenant c'est beaucoup trop sec. Cela n'a jamais été aussi sec", constate Fred Black, un Chipewyan qui blâme "les changements climatiques""Notre mode de vie traditionnel n'épuisait pas la terre. Mais maintenant, en plus des feux, il y a les compagnies minières et tous les bûcherons qui coupent les arbres, ça change tout", dit-il.

"Les choses matérielles, ça se remplace"

Sheila Janvier, une femme chipewyan, a, elle aussi, vécu l'évacuation de la réserve, située à 140 km au nord de Fort McMurray. Après son arrivée à Lac La Biche, bourgade au sud de Fort McMurray où elle a été évacuée avec une grande partie de sa communauté, l'une des premières choses qu'elle s'est empressée de faire a été de s'avancer dans le lac, jusqu'à la taille, en implorant les cieux pour qu'il pleuve. Quelques gouttes sont bien tombées, dimanche soir, mais pas assez pour éteindre les feux.

"Les gens ont perdu beaucoup de choses, mais ils sont encore en vie, savent où aller, ont un toit sur la tête, je pense que c'est le plus important. Les choses matérielles, ça se remplace", philosophe Sheila Janvier.

Près de sa caravane, Elmer McDonald, lui, s'intéresse plus au sort de la nature qu'à celui des infrastructures. "Les animaux ont sûrement péri dans les flammes, ils n'ont pas dû pouvoir s'enfuir."

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