Etats-Unis : un médecin spécialiste de l’infertilité mettait enceinte ses patientes avec son propre sperme

Une analyse de sperme effectuée dans le cadre d\'une fécondation in vitro.
Une analyse de sperme effectuée dans le cadre d'une fécondation in vitro. (L. SOUCI / BSIP / AFP)

Ce spécialiste de l'Indiana, aujourd'hui à la retraite, a admis avoir utilisé son propre sperme à chaque fois qu'il ne disposait pas de donneur compatible avec ses patientes. Soit une cinquantaine de fois.

Il aurait utilisé jusqu'à 50 fois son sperme pour provoquer des grossesses sur ses patientes dans les années 1970 et 1980. Médecin spécialiste de l'infertilité, Donald L. Cline, 77 ans, a comparu, lundi 12 septembre, devant un tribunal de l'Indiana (Etats-Unis) pour "entrave à la justice", rapportent les médias américains, dont Fox59 (en anglais), qui a révélé l'affaire.

Tout commence quand une femme, apprenant que ses parents ont fait appel à ce médecin avant de la concevoir, tente d'en savoir plus auprès de lui, raconte le Daily Beast (en anglais). Mais celui-ci lui répond que son dossier a depuis été détruit, et qu'il lui est impossible de retrouver le nom du donneur de sperme. Des recherches sur internet éveillent ses soupçons. Elle finit par trouver plusieurs femmes qui, comme elle, s'interrogent et estiment qu'elles sont susceptibles d'avoir été conçues avec le sperme du médecin.

Un "don" de sperme réitéré 50 fois

Fin 2014, deux femmes portent plainte auprès du procureur de l'Indiana. Dans un premier temps, Donald L. Cline nie dans un courrier au procureur être le père biologique de ces femmes. "J'affirme catégoriquement n'avoir jamais utilisé mon propre sperme pour une insémination", assure-t-il, accusant l'une des plaignantes de diffamation.

Ce n'est qu'après des tests ADN effectués à la fois sur les plaignantes et sur le médecin, attestant une filiation à 99,9%, que le médecin a avoué être leur père biologique. Selon Fox59, il a admis avoir utilisé son sperme à chaque fois qu'il ne disposait pas de donneur compatible avec ses patientes, affirmant avoir eu "le sentiment d'aider ces femmes, qui voulaient vraiment un bébé". Au total, il a reconnu que cette situation avait pu se reproduire à 50 reprises.

A la retraite depuis 2009, le médecin comparaît non pas pour avoir commis ces faits anciens, mais pour "entrave à la justice", à cause de son mensonge initial. Lors de l'audience de lundi, il a plaidé non coupable.

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